4 excuses pour ne pas évangéliser

Voici quelques raisonnements qui nous empêchent de jouer fidèlement notre rôle de témoin auprès de notre entourage et nous ôtent l'envie d'évangéliser. Souvent, nous les nourrissons de façon inconsciente.

Évangéliser représente un défi de taille pour la plupart des chrétiens. Dans un excellent article, Mark Dever met en lumière Cinq prétextes courants pour ne pas annoncer l’Évangile (et la vérité qui les explose).

Seulement, je me rends compte que mes résistances ne se limitent pas aux cinq prétextes évoqués par Dever! Dans ce billet, j’ajoute quatre possibilités à la liste de Dever.

Nous commettons régulièrement quatre erreurs dans notre conception de l’évangélisation. Elles nous empêchent d’être les témoins que Jésus nous appelle à être.

1. J’ai trop de faiblesses.

La première erreur, c’est de se dire: « Je vais attendre d’avoir tout réglé dans ma vie avant d’évangéliser. »

Résultat: j’attends toute ma vie! Certes, au ciel nous serons les évangélistes les mieux qualifiés. Seulement, il n’y aura plus personne à évangéliser! Un témoin n’a pas besoin d’être parfait ni d’avoir tout compris pour être efficace. La seule exigence, c’est de connaître Jésus personnellement et d’oser parler de lui.

2. Je n’ai pas le don d’évangéliste.

La deuxième erreur, c’est de se dire: « Je n’évangélise pas parce que je n’ai pas le don d’évangéliste. D’ailleurs, mon témoignage n’a jamais porté de fruit. »

Il y a trois manières de répondre à une telle objection.

Premièrement, observons que Dieu n’utilise pas que les chrétiens qui ont un don particulier pour répandre la Bonne Nouvelle. Il utilise tous les témoins, quels que soient leurs dons spirituels. Chaque témoin a d’ailleurs des occasions uniques d’atteindre certaines personnes avec l’heureux message de Dieu. Dans ces situations taillées « sur mesure » pour chaque enfant de Dieu, aucun porte-parole ne « ferait mieux l’affaire ».

Suite à une violente persécution à Jérusalem dans la foulée de la lapidation d’Étienne, « tous les croyants se dispersèrent à travers la Judée et la Samarie, à l’exception des apôtres » (Actes 8.1). Or on apprend ceci: « Les croyants qui s’étaient dispersés parcouraient le pays, en proclamant le message de l’Évangile » (Actes 8.4). De toute évidence, tous les chrétiens participent ici à la diffusion de la Grande Nouvelle.

Deuxièmement, le fruit visible (les conversions) varie grandement d’un chrétien à un autre, mais aussi d’une région géographique à une autre, et même d’une époque à une autre! Par exemple, le Québec d’aujourd’hui n’est pas le Québec des années 70 et 80. Les gens se tournaient alors vers Jésus-Christ par centaines! Sans trop d’efforts, de nombreux chrétiens eurent le bonheur d’amener des parents et amis à la connaissance personnelle du Sauveur. Depuis, les choses ont bien changé.

Nous, chrétiens, devons accepter que l’ouverture de la société ambiante à l’Écriture est évolutive. Soyons prêts pour d’éventuels mouvements de réveil que le Dieu de l’histoire voudrait bien orchestrer dans nos pays. Nul ne peut prédire si nos contemporains auront davantage soif de l’Évangile dans dix ans.

Enfin, même dans une société plus fermée ou simplement indifférente, on trouvera toujours des individus sensibles à la Parole de Dieu. Le mot-clé, c’est la persévérance. De nombreux chrétiens provenant d’un milieu totalement incroyant vous diront qu’ils ont mis des années à accepter la Bonne Nouvelle de Jésus. Aujourd’hui, ils sont remplis de gratitude envers leurs amis chrétiens qui n’ont pas lancé la serviette.

Troisièmement, êtes-vous certain d’avoir suffisamment évangélisé pour pouvoir conclure hors de tout doute que vous n’êtes pas doué dans ce domaine? Je suis persuadé que l’Église de Jésus-Christ compte d’innombrables dons latents en matière de témoignage, qui ne demandent qu’à être découverts puis employés sur le terrain.

Parfois, nous ne sommes tout simplement pas conscient des dons que le Seigneur nous a faits pour la simple raison que nous les avons négligés jusqu’à maintenant. Lançons-nous dans le feu de l’action pour les découvrir et les exploiter! Nous pourrions être agréablement surpris.

3. Je n’ai pas la même responsabilité que d’autres qui doivent le faire.

La troisième erreur, c’est de se dire: « L’évangélisation, c’est le rôle des responsables de l’Église, ou alors celui des “équipes spéciales” qui viennent nous aider de l’extérieur ».

Les chrétiens font alors de la « sous-traitance » en délégant le témoignage soit aux responsables de la communauté (« après tout, le pasteur est payé pour ça! »), soit à des équipes d’évangélisation de passage, dont la véritable mission ne devrait être que de renforcer et d’appuyer le témoignage qui existe déjà sur place.

Le texte d’Actes 8.1,4, cité au point précédent, répond également à cette troisième excuse.

4. Je n’ai pas assez de connaissances.

La quatrième erreur, c’est de se dire: « Je n’évangélise pas parce que je ne sais jamais quoi répondre aux objections des non-chrétiens. »

J’ai une bonne nouvelle pour vous: en général, nos contemporains n’apprécient que moyennement les personnes qui ont toutes les réponses! Rien ne vaut une belle attitude d’humilité. Reconnaissez ouvertement vos limites et votre ignorance; vous vous attirerez ainsi le respect de vos interlocuteurs.

Être chrétien dans le monde d’aujourd’hui, ce n’est pas avoir toutes les réponses, mais c’est aimer suffisamment les gens pour les écouter sans les interrompre et pour prendre leurs questions au sérieux. C’est croire que des réponses existent bel et bien, même quand nous ne les connaissons pas. C’est aussi prendre le temps de chercher des éléments de réponse, notamment auprès de chrétiens plus expérimentés au sein de notre communauté locale.

Enfin, c’est reconnaître que Dieu seul connaît la réponse à certaines questions qui dépassent l’être humain. Il a choisi de nous transmettre seulement les réponses dont nous avions véritablement besoin:

Ce qui est caché est réservé à l’Éternel notre Dieu. Par contre, nous sommes concernés, nous et les générations suivantes, par ce qui a été révélé, par toutes les paroles de cette Loi qu’il nous faut appliquer. (Deutéronome 29.28)

Il n’y a plus qu’à…

Vivons tous ensemble le témoignage dans la pleine dépendance de l’Esprit de Dieu. Prions que des portes s’ouvrent. Tendons la perche aux gens en initiant des conversations sur Dieu. Soyons attentifs à ce que vivent les personnes de notre entourage et faisons preuve d’écoute et de compassion.

Puis, observons Dieu à l’œuvre…

Consultez mes autres articles sur l’évangélisation

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Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et de théologie pratique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il s'exprime régulièrement sur son podcast vidéo d'enseignement biblique, Parle-moi maintenant. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

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