15 pistes pour « faire du bien à tout le monde » (Galates 6.10)

Ce billet propose des pistes pratiques pour vivre l’exhortation de l’apôtre Paul, « faisons du bien à tout le monde ».

En Galates 6.9-10, Paul formule la recommandation suivante:

9 Faisons le bien sans nous laisser gagner par le découragement. Car si nous ne relâchons pas nos efforts, nous récolterons au bon moment. 10 Ainsi donc, tant que nous en avons l’occasion, faisons du bien à tout le monde, et en premier lieu à ceux qui appartiennent à la famille des croyants. (Galates 6.9-10)

Faire le bien, c’est accomplir des actes concrets d’amour. Ce n’est pas refaire le monde, ni plaider en faveur de l’humanité entière… tout en restant assis. C’est plutôt poser des gestes précis par amour.

Qu’en est-il de l’expression « à tout le monde »? Tout le monde, ce sont toutes les personnes que nous avons l’occasion de rencontrer et d’aider. Cette formulation rejoint l’idée du prochain dans l’enseignement de Jésus.

Alors, comment mettre en pratique une exhortation aussi vaste? Voici quinze pistes pratiques pour vivre une telle injonction au quotidien.

1. Faisons le bien parce que Dieu nous a fait du bien en Christ.

Dans l’épître aux Galates, notre exhortation est un aboutissement, non un point de départ. Paul a déjà établi « qu’on est déclaré juste devant Dieu, non parce qu’on accomplit les œuvres que commande la Loi, mais uniquement par la foi en Jésus-Christ » (Galates 2.16). De plus, il a déjà affirmé que l’amour du prochain (Galates 5.13-14) n’est possible que si l’on mène notre vie « dans la dépendance du Saint-Esprit » (Galates 5.16), et que l’amour, l’amabilité et la bonté font partie du « fruit de l’Esprit » (Galates 5.22-23).

Ainsi, nous faisons le bien non pas pour être justifiés devant Dieu, mais parce que nous le sommes déjà. Nous sommes justifiés par la foi en Jésus-Christ, et c’est précisément cette foi qui « agit par amour » (Galates 5.6). L’amour que nous manifestons est une marque visible de notre foi. Il est en outre l’expression de la présence de l’Esprit en nous.

Nous souhaitons faire du bien aux autres parce que nous nous savons pleinement aimés de Dieu. Reposons-nous en Christ et puisons dans la grâce divine la force nécessaire pour faire le bien.

2. Faisons le bien dans la perspective de l’éternité.

Notre texte nous met dans cette perspective en évoquant le jugement dernier (la moisson, voir l’unité entière, Galates 6.7-10). Ce jour-là, le bien que nous aurons fait sur terre servira d’évidence pour attester notre foi.

Mais n’oublions pas que nos contemporains aussi se retrouveront devant Dieu. Faisons le bien dans cette perspective-là également. En un mot, répandons le message du salut!

Que dit Paul à ses lecteurs en Galates 4.13?

Vous vous en souvenez, n’est-ce pas ? C’est une maladie qui m’a donné l’occasion de vous annoncer l’Évangile pour la première fois. (Galates 4.13)

Paul souffrait d’une maladie. Au lieu de s’apitoyer sur son sort, il y a vu la main souveraine de Dieu. On ne sait pas exactement de quelle manière, mais c’est cette maladie qui lui a donné l’occasion d’annoncer l’Évangile aux Galates.

Suis-je à l’affût des occasions de faire le bien le plus important qui soit: transmettre l’Évangile qui permet de se présenter devant Dieu justifié? Faisons le bien dans la perspective de l’éternité.

3. Faisons le bien de mille et une manières.

Dieu nous a donné des capacités différentes, des dons divers. Il permet des circonstances de vie variées, met chacun de ses enfants en contact avec des personnes différentes. Tout cela crée de multiples occasions de faire le bien.

En conséquence, chaque chrétien a à cœur de faire le bien de telle ou telle manière, souvent de façon unique. En donnant, en aidant, en écoutant, en priant, en conseillant, en pleurant avec quelqu’un, en étant présent, en téléphonant, en écrivant, en parlant, en gardant le silence, en souriant, en invitant, en accueillant, en servant, en pardonnant, en réconfortant, en reprenant, en avertissant. Tout cela en aimant.

Tout est important, même les petites choses: un mot d’encouragement, un sourire, une main tendue, un café. Entre ne rien faire du tout et faire un petit quelque chose, il y a un monde.

4. Faisons le bien discrètement.

Une grande partie du bien que nous accomplissons se fera en secret, et c’est très bien qu’il en soit ainsi. Nous ne sommes pas obligés de poster une photo ou une vidéo sur Facebook à chaque fois que nous faisons le bien… Optons pour la discrétion, sachant que nous sommes toujours filmés par les caméras de Dieu.

5. Faisons le bien sans nous cacher.

Oui à la discrétion: ne cherchons pas à impressionner la galerie. En même temps, le bien que nous faisons peut servir d’encouragement pour d’autres chrétiens et de témoignage pour les non-chrétiens.

Pensons à des textes comme 1 Pierre 2.12:

Ayez une bonne conduite au milieu des païens. Ainsi, dans les domaines mêmes où ils vous calomnient en vous accusant de faire le mal, ils verront vos bonnes actions et loueront Dieu le jour où il interviendra dans leur vie. (1 Pierre 2.12)

6. Faisons le bien ensemble.

L’obéissance à Dieu, nous pouvons aussi l’expérimenter à plusieurs. Nous nous mettons à deux ou à quelques-uns, et nous aidons une personne qui en a besoin. Pour certaines œuvres de plus grande envergure, des Églises entières peuvent même faire le bien ensemble dans une région donnée. Pensons à la collecte organisée en faveur des chrétiens démunis de Jérusalem, mentionnée à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament.

7. Faisons le bien quand c’est facile.

Faire le bien, c’est souvent facile – surtout dans les petites choses. Mais cela exige un minimum de résolution et de planification, cela ne se produit pas tout seul. Une parole d’encouragement ne coûte pas cher. Pourtant, combien de fois me suis-je dit « j’aimerais encourager telle personne » et ne l’ai-je pas fait, par pure négligence.

8. Faisons le bien quand c’est difficile.

À d’autres moments, faire le bien est plus délicat. L’épître aux Galates nous fournit d’ailleurs quelques exemples probants de la complexité de certaines bonnes actions.

À peine quelques versets avant notre exhortation, nous lisons ceci:

1 Frères et sœurs, si quelqu’un s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui vivez selon l’Esprit, ramenez-le dans le droit chemin avec un esprit de douceur. Et toi qui interviens, fais attention de ne pas te laisser toi-même tenter. 2 Aidez-vous les uns les autres à porter vos fardeaux. De cette manière, vous accomplirez la loi de Christ. (Galates 6.1-2)

Ramener un chrétien égaré dans le droit chemin? Aider une personne à porter ses fardeaux? Ce n’est pas facile, mais c’est notre responsabilité. C’est même « la loi de Christ ».

9. Faisons le bien dans le cadre de nos activités programmées.

Il est tout à fait possible de faire le bien malgré un emploi du temps chargé. En effet, faire le bien, ce n’est toujours faire des activités en plus. Certains seraient portés à dire (ou du moins à penser): « Mon agenda est tellement chargé, je ne sais pas quand j’aurai le temps de faire le bien… Pas avant trois mois, c’est sûr! »

Mais dans bien des situations, c’est une question d’attitude. Même en n’ajoutant absolument rien à notre agenda, nous pouvons facilement faire davantage de bien. Comment? En le décidant. Nous nous rendons à nos activités habituelles en faisant le choix d’être une bénédiction pour les autres. Nous allons au travail, prêts à semer des mots d’encouragement, à exercer la patience envers nos collègues. Nous envisageons la réunion de l’Église non pas dans la passivité, mais en nous demandant:

  • Comment puis-je encourager quelqu’un, avant ou après la réunion?
  • Puis-je donner un coup de main pour l’organisation sur le plan pratique?
  • Est-ce que quelqu’un semble triste ou en souffrance? Je vais lui proposer de prier avec lui…

En toute simplicité, nous apportons une petite touche de bien là où nous devions nous rendre de toute façon.

10. Faisons le bien spontanément.

Parfois, nous avons deux secondes pour réagir dans une situation où nous pouvons donner un coup de main. Est-ce que notre réflexe est alors de faire le bien?

11. Faisons le bien en méditant la règle d’or de Jésus.

Jésus a dit: « Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous. » (Matthieu 7.12). Donc, a) je me demande ce que je voudrais que les autres fassent pour moi; b) je choisis une « victime »; c) je fais cette chose précise en faveur de la personne.

12. Faisons du bien en commençant par nos proches.

Paul nous demande de faire du bien « à tout le monde, et en premier lieu à ceux qui appartiennent à la famille des croyants » (Galates 6.9-10). Contrairement à ce qu’on pourrait penser au premier abord, l’idée n’est pas: « Si tu as le choix entre aider un non-chrétien et aider un chrétien, aide le chrétien. » Paul ne nous donne pas un ordre de priorités. Il nous dit plutôt: « Quand vous chercherez à manifester l’amour concrètement autour de vous, c’est sans doute dans l’Église que vous trouverez les premières occasions de le faire. Commencez par là, mais ne vous arrêtez pas là. » En effet, le prochain n’est pas toujours chrétien.

Selon une logique semblable, l’apôtre affirme ailleurs: « Si quelqu’un ne prend pas soin des siens, en particulier des membres de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un incroyant. » (1 Timothée 5.8) Commençons donc en répandant le bien au plus près de nous. Comment manifester notre amour concrètement envers notre conjoint, nos enfants, nos parents, nos amis?

13. Faisons du bien aux personnes qui se trouvent hors de notre zone de confort.

Apprenons à connaître nos voisins, nos collègues de travail. Sortons des cercles chrétiens. Trop de croyants n’ont pas de relations profondes avec des personnes qui ne partagent pas leur foi, et c’est tragique.

14. Faisons du bien aux plus démunis et aux délaissés.

L’Écriture met un accent extrêmement fort sur cet aspect.

« La religion authentique et pure aux yeux de Dieu, le Père, consiste à aider les orphelins et les veuves dans leurs détresses […] » (Jacques 1.27)

Pour creuser davantage cette question, voir mon billet Plaidoyer pour un engagement envers les pauvres fondé sur la grâce.

15. Faisons du bien aux personnes qui nous ont fait mal.

Il va de soi que seul l’Esprit peut nous permettre d’agir ainsi.

17 Ne répondez jamais au mal par le mal. Cherchez au contraire à faire ce qui est bien devant tous les hommes. 18 Autant que possible, et dans la mesure où cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes. 19 Mes amis, ne vous vengez pas vous-mêmes, mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit :

C’est à moi qu’il appartient de faire justice ;

c’est moi qui rendrai à chacun son dû.

20 Mais voici votre part :

Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger.

S’il a soif, donne-lui à boire.

Par là, ce sera comme si tu lui mettais des charbons ardents sur la tête.

21 Ne te laisse pas vaincre par le mal. Au contraire, sois vainqueur du mal par le bien. (Romains 12.17-21)

Conclusion: en quoi les chrétiens font-ils le bien autrement?

Dans notre société, nous les chrétiens ne sommes pas les seuls à faire le bien. Souvent, d’autres le font mieux que nous. Pourtant, notre manière de pratiquer le bien est unique à plusieurs égards. Nous faisons le bien: a) en tant que pécheurs graciés et justifiés; b) dans la perspective de l’éternité; c) dans la dépendance du Saint-Esprit.

Parmi les quinze pistes qui précèdent, laquelle vous touche le plus? N’attendez pas trop avant de la mettre en pratique!

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et d’homilétique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il s'exprime chaque semaine sur son podcast vidéo d'enseignement biblique, Parle-moi maintenant. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

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