John Piper: « Si j’avais 22 ans, je m’inscrirais dans une faculté de théologie. »

Découvrez les raisons de cette déclaration d'un pasteur bien connu, qui explique ce que peut apporter une faculté de théologie aux futurs responsables chrétiens.

Lors d’une conférence missionnaire récente, on a posé à John Piper la question suivante: « Si vous aviez de nouveau 22 ans, que feriez-vous? »

Piper s’est alors attelé à énumérer les six décisions les plus importantes qu’il prendrait s’il pouvait retrouver sa jeunesse d’antan.

Ce billet est consacré à la troisième décision de sa liste, dont je traduis ici le contenu intégral pour les lecteurs francophones.

La raison pour laquelle je publie cette réflexion en français est simple: les propos de Piper sont stimulants et surtout, ils vont à l’encontre de pratiquement tout ce qu’on entend aujourd’hui en matière de formation en vue d’un ministère chrétien.

En effet, il est très « à la mode » de privilégier une formation dite « pratique ». Or voici pourquoi Piper irait précisément dans la direction opposée.

Je m’inscrirais dans une faculté de théologie et j’y passerais trois ou quatre ans à m’immerger complètement dans l’étude rigoureuse de la Bible en grec et en hébreu. Je chercherais ainsi à poser les fondements d’une vie entière consacrée à contempler la gloire de Christ dans sa Parole avec une clarté telle que je ne chancellerais jamais dans mon engagement à croire et à proclamer tout ce qu’enseigne la Bible. Et ce, peu importe l’endroit où Dieu m’appelle.

 

Je ne mettrais pas en priorité les cours pratiquesAu contraire, dans la mesure où me le permettrait mon programme d’études, je privilégierais les cours exégétiques. En effet, à l’âge de 72 ans, j’ai toujours la conviction que les compétences pratiques s’acquièrent plus facilement sur le terrain, dans l’Église locale. En revanche, l’approfondissement et le perfectionnement des compétences exégétiques en vue d’une vie entière de lecture fructueuse se développent le plus efficacement autour de la rigueur imposée par la salle de classe – par ce qu’on en retire et ce qu’on y apporte –, sous la supervision attentive d’un enseignant de qualité.

 

Je placerais donc en tête de mes priorités l’apprentissage d’une méthode visant à comprendre le sens originel des écrits des auteurs bibliques et l’intention originelle de ces derniers, car cela donne accès aux justes compréhensions et aux réalités qui restent pertinentes partout et en tout temps, au sein de tous les peuples de ce monde. Mes propres idées à propos du monde occidental, et mes présupposés personnels en ce qui a trait à l’application du sens originel des textes bibliques à ma propre situation – rien de cela ne constitue l’essentiel lorsque Dieu m’appelle à servir un peuple dont la culture est totalement différente de la mienne. En revanche, le sens originel des péricopes de la Bible est de la plus haute importance. Voilà ce que je m’attacherais à rechercher à tout prix.

 

Leçon à retenir: Que vous ayez ou non la possibilité d’étudier en faculté de théologie, faites tous vos efforts pour saturer votre esprit de contenu biblique. Placez-vous sous l’influence des enseignants de la Bible les plus perspicaces, qu’ils soient vivants ou morts.

Je ne peux qu’abonder dans le même sens que Piper, d’autant plus qu’à 22 ans, je me suis moi-même inscrit dans une faculté de théologie (et je ne le regrette pas)! À mon avis, son modèle de formation s’accorde harmonieusement avec sa doctrine de l’Écriture. En effet, si la Bible est la Parole de Dieu, si elle est inspirée par lui et revêtue de son autorité, si elle est inerrante et suffisante, alors elle doit nécessairement occuper la place centrale dans notre vie – et en particulier dans notre formation.

Je crois en l’utilité des cours pratiques proposés dans le cadre d’une formation biblique solide – j’en enseigne moi-même certains –, mais en réfléchissant à ma propre formation théologique, je constate aujourd’hui que les cours qui ont eu le plus grand impact à long terme dans ma vie sont ceux qui m’ont appris à mieux étudier la Bible.

On peut disserter longuement sur « tout ce que la faculté de théologie ne m’a pas appris ». O. K., elle ne vous a pas inculqué ceci ou cela, mais était-ce son rôle? Tim Keller a raison – il s’accorde sur ce point avec Piper – de ne pas exiger des facultés de théologie qu’elles procurent une formation dans tous les domaines importants de la vie et du ministère. Certains aspects s’apprennent mieux ailleurs, tout simplement.

En revanche, on médite trop peu sur « tout ce qu’on ne peut apprendre qu’en faculté de théologie », du moins en règle générale. Car le reste, bien souvent – aussi indispensable fût-il –, s’acquiert tôt ou tard sur le terrain de la vie chrétienne, sur celui d’une relation mentor-protégé, dans l’Église locale et dans le cadre d’un service missionnaire.

Je suis le premier à admettre que la formation proposée en faculté de théologie est loin d’être complète. Cela étant, une telle formation est irremplaçable – en particulier pour les futurs enseignants de la Bible.

Certes, tous les responsables chrétiens n’apprendront pas le grec et l’hébreu (Piper ne dit d’ailleurs pas qu’ils devraient tous le faire; il affirme plutôt que si c’était à refaire, lui irait de nouveau dans ce sens). L’application légitime et universelle de son témoignage personnel se trouve dans la partie « leçon à retenir »: « faites tous vos efforts pour saturer votre esprit de contenu biblique ».

J’aime bien ce que j’ai souvent entendu Donald Carson déclarer (citation approximative): « Chacun(e) devrait viser la formation théologique la plus poussée qu’il/elle est en mesure de recevoir, et que ses circonstances de vie lui permettent de recevoir. » Voilà, à mon sens, une parole empreinte de sagesse que tous peuvent s’approprier, dont la mise en œuvre variera forcément d’une personne à l’autre.

Tous devraient-ils étudier le grec et l’hébreu? Non. Davantage de personnes devraient-elles le faire? Sûrement. La formation biblique et théologique devrait-elle être mise au premier plan de la formation des futurs leaders chrétiens? Assurément.

Accédez ici à l’ensemble de l’article de John Piper.

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Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et de théologie pratique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il s'exprime régulièrement sur son podcast vidéo d'enseignement biblique, Parle-moi maintenant. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

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