Obéir à Dieu: un plaisir?

La plupart des chrétiens se savent invités à prendre plaisir en Dieu et à trouver leur joie dans leur salut. Pourtant, dans la Bible, les « plaisirs divins » ne se limitent pas à cela. Même les commandements sont censés être une source de bonheur. Le sont-ils vraiment?

Il suffit de lire le Psaume 119 pour s’en convaincre. Voici un échantillon d’extraits qui vont dans ce sens:

J’ai de la joie à suivre tes préceptes autant que si je possédais tous les trésors. (Psaume 119.14)

Je trouve un grand plaisir dans ce que tu prescris. (Psaume 119.16)

Je brûle en tout temps du désir de connaître tes lois. (Psaume 119.20)

Tes préceptes font mes délices, ils sont mes conseillers. (Psaume 119.24)

Fais-moi marcher sur le sentier de tes commandements, car je m’y plais! (Psaume 119.35)

Le Nouveau Testament reprend et développe le thème des commandements agréables, par exemple en 1 Jean 5.3-4:

Car aimer Dieu, c’est accomplir ses commandements. Ceux-ci, d’ailleurs, ne sont pas pénibles, car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde, et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi.

Le témoignage de l’Écriture est donc clair: les injonctions divines devraient représenter à nos yeux non pas un lourd fardeau, mais plutôt une véritable source de joie. Après tout, Jésus n’a-t-il pas dit: « Oui, mon joug est facile à porter et la charge que je vous impose est légère » (Matthieu 11.30)?

Pour que cela soit effectivement le cas, deux conditions doivent absolument être réunies.

1. Les commandements de Dieu font notre joie si nous aimons Dieu.

En effet, pour parvenir à aimer les commandements de Dieu, il faut d’abord aimer Dieu lui-même et vouloir lui plaire. Le texte de 1 Jean 5.3, cité précédemment, le dit sans ambiguïté. Et selon 1 Jean 3.22, obéir aux commandements de Dieu, c’est faire ce qui lui plaît. Le psalmiste le proclamait déjà: « Heureux les hommes qui suivent ses préceptes et cherchent à lui plaire de tout leur cœur. » (Psaume 119.2)

2. Les commandements de Dieu font notre joie si nous apprenons à voir les situations concrètes de la vie comme Dieu les voit.

En effet, pour parvenir à aimer les commandements de Dieu, il faut d’abord reconnaître que de tels commandements sont bons et, en particulier, bons pour nous. Cela ne va pas de soi, dans la mesure où les pensées de Dieu sont élevées loin au-dessus des nôtres (Ésaïe 55.9).

Une transformation de notre manière de voir les choses est donc nécessaire. Ainsi, le psalmiste demande à Dieu d’incliner son cœur vers les enseignements divins (Psaume 119.36) et d’ouvrir ses yeux pour qu’il voie les merveilles de la Loi de Dieu (Psaume 119.18). L’apôtre Paul, dans le Nouveau Testament, souligne qu’un renouvellement de l’intelligence est nécessaire pour pouvoir discerner la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait (Romains 12.2).

Encouragements pour les disciples de Jésus-Christ

En tant que croyants de la nouvelle alliance, fondée sur la personne et l’œuvre de Jésus-Christ, nous comprenons mieux qu’à toute autre époque que nous ne parviendrons jamais à aimer les lois de Dieu tant que nous nous appuierons sur nos propres forces.

Pourtant, nous ne perdons pas espoir.

a) Nous pouvons aimer Dieu et ses commandements parce qu’il nous a aimés le premier (1 Jean 4.19). En d’autres termes, l’Évangile change radicalement notre rapport aux commandements. Ces derniers ne nous condamnent plus, puisque Christ a subi notre condamnation à notre place. Les commandements sont plutôt des panneaux indicateurs qui nous aident à nous conformer à Christ, notre Sauveur.

b) Nous pouvons aimer les commandements de Dieu parce que l’Esprit Saint nous fait désirer le bien. En effet, « l’Esprit a des désirs qui s’opposent à ceux de l’homme livré à lui-même » (Galates 5.17). Il produit en nous le « fruit de l’Esprit » (Galates 5.22).

Prendre plaisir à l’obéissance, illusion ou réalité?

C’est un plaisir qui restera inaccessible à la personne qui tente d’y accéder par ses propres moyens. Mais c’est une joie qui ira crescendo pour celles et ceux qui ont goûté à la grâce de Dieu et pour qui l’action transformatrice de l’Esprit est une réalité quotidienne. Ces personnes pourront s’exclamer, avec le psalmiste: « Je veux courir sur le chemin de tes commandements, car tu m’en donnes une large compréhension. » (Psaume 119.32)

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et d’homilétique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il est l’auteur de La méditation biblique à l’ère numérique, Farel/GBU, 2012. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

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    C’est l’Esprit travaillant en nous qui produit le vouloir et le faire. Il rend nos cœurs capables d’accomplir la Loi de Dieu et de l’aimer plus que tout. Aussi, faudra le reconnaître,c’est un travail qui dure toute une vie. Merci Seigneur Jésus d’avoir accompli toute la Loi à notre place, oeuvre sans laquelle nous serions demeurés dans notre inimitié contre Dieu et contre sa Loi.