À quoi pouvons-nous nous attendre quand nous méditons Éphésiens?

Toujours plus de grâce et de paix - Éphésiens 1.1-2 (PMM #1)

Bienvenue dans Parle-moi maintenant, le podcast qui vous fait parcourir le Nouveau Testament un livre à la fois. Dans cet épisode, nous amorçons une série sur la lettre de Paul aux Éphésiens.

Dans ce premier épisode sur la lettre aux Éphésiens, Dominique Angers aborde la salutation de la lettre. Plus qu’une formule de politesse, cette introduction annonce déjà certains des grands thèmes que Paul développera dans la suite.

Retrouvez ICI les autres épisodes du podcast.

La vérité centrale d’Éphésiens 1.1-2

Une simple équation résume commodément ce texte:

Peuple saint + lettre aux Éphésiens = toujours plus de grâce et de paix

Questions pour échange en groupe ou réflexion personnelle

  • Que signifie l’expression « la volonté de Dieu » en Éphésiens 1.1?
  • Qu’implique concrètement le fait d’être « membre du peuple saint » (Éphésiens 1.1)?
  • Comment la grâce de Dieu continue-t-elle à se manifester dans la vie des chrétiens (qui ont déjà reçu cette grâce)?
  • De quelle paix est-il question en Éphésiens 1.2?
  • Quels sont vos objectifs de croissance en grâce et en paix?

À propos de Parle-moi maintenant (PMM)

Retrouvez tous les épisodes de PMM sur:

Comment s’abonner au blog de Dominique (PMM + autres billets)?

En vous abonnant au blog de Dominique, vous recevrez par courriel tous les épisodes de Parle-moi maintenant et tous les billets que signe Dominique sur une base régulière.

Comment faire? C’est tout simple: rendez-vous ici, puis entrez les informations demandées sur la droite de la page.

Version écrite de l’épisode PMM #1 (transcription)

À quoi pouvons-nous nous attendre quand nous méditons la lettre aux Éphésiens? C’est ce que nous allons voir dès les deux premiers versets de la lettre, qui contiennent la salutation de Paul à ses lecteurs.

Cette salutation n’est pas une simple formule de politesse, mais elle annonce déjà certains des grands thèmes de l’épître.

1 Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, salue ceux qui [à Éphèse] font partie du peuple saint, et croient en Jésus-Christ.
2 Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ.

Ainsi s’ouvre la lettre de Paul aux Éphésiens. Nous allons diviser cette introduction en trois parties.

I. Présentation de Paul

V. 1 « Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu […] »

Paul est « apôtre de Jésus-Christ ». Il aura d’ailleurs l’occasion de revenir sur son apostolat à la fin du chapitre deux et au début du chapitre trois.

Paul est apôtre de Jésus-Christ, et il l’est « par la volonté de Dieu ». Quand nous parlons de la volonté de Dieu dans nos milieux chrétiens, c’est souvent dans le contexte des choix que nous devons faire, des grandes décisions de la vie. Quelle est la volonté de Dieu en ce qui concerne mes études? Ma profession? Avec qui devrais-je me marier? et ainsi de suite.

Mais Paul n’a pas tellement à l’esprit ce genre de décision quand il dit qu’il est « apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu », comme si Dieu lui avait montré qu’il devait exercer le métier d’apôtre plutôt que celui de juriste ou de commerçant, par exemple. Non. Dans cette lettre aux Éphésiens, la « volonté de Dieu », sur laquelle Paul reviendra souvent, c’est surtout le plan de salut conçu par Dieu. C’est le grand projet divin pour le salut de l’Église.

Si bien que, quand Paul affirme qu’il est apôtre « par la volonté de Dieu », c’est une manière de dire que Dieu a choisi de lui accorder un rôle déterminant dans son projet de salut. Autrement dit, dans le grand dessein de Dieu pour l’humanité, Paul en tant qu’apôtre est une personne-clé. Comment ça ? Nous le verrons au chapitre trois: c’est lui qui a reçu la grâce d’annoncer ce salut merveilleux aux non-Juifs, ce qui n’est pas rien (du point de vue juif, bien sûr). Nous y reviendrons.

C’est génial pour nous: nous sommes au bénéfice du ministère de Paul. Merci Seigneur pour tout ce que tu nous fais découvrir sur toi par l’intermédiaire de l’apôtre Paul, et aide-nous à bien comprendre cette lettre qu’il a rédigée sous l’inspiration du Saint-Esprit.

Après s’être présenté, Paul indique à qui il s’adresse, dans la seconde moitié du premier verset. De ce fait, il nous présente ses lecteurs.

II. Présentation des lecteurs

V. 1 « […] salue ceux qui [à Éphèse] font partie du peuple saint, et croient en Jésus-Christ.
»

Paul s’adresse donc à la communauté chrétienne d’Éphèse, et sans doute à plusieurs Églises de la province romaine d’Asie Mineure (c’est ce que laissent entendre les crochets dans le texte: d’autres noms de villes et donc d’Églises pouvaient être inscrits à la place d’ « Éphèse » dans les différentes copies de la lettre, qui devait circuler largement).

Paul dit que ses lecteurs font partie du « peuple saint ». C’est un thème qu’on retrouve régulièrement chez Paul. Cela ne signifie pas que les chrétiens vivent toujours comme des saints, nous savons bien que ce n’est pas le cas. Mais pour Paul, les chrétiens sont tous saints parce qu’ils sont tous consacrés à Dieu et à son service, comme le peuple d’Israël, dans l’Ancien Testament, était appelé une nation sainte et consacrée à Dieu.

Non seulement les lecteurs sont saints, mais ils « croient en Jésus-Christ »: ils ont la foi en Jésus-Christ, thème que Paul va développer abondamment dans cette lettre.

Ces quelques lignes nous renseignent sur notre identité en tant que chrétiens aujourd’hui. Qui suis-je? C’est une question qui a toujours intéressé l’être humain, et qui est toujours d’actualité. Qui sommes-nous vraiment en tant que chrétiens? C’est important de le savoir, et d’en être convaincus. Nous sommes membres du peuple saint, un peuple consacré à Dieu. Et nous sommes croyants, nous avons la foi en Jésus-Christ. Voilà notre identité fondamentale.

Mais il faut encore ajouter autre chose. Après la présentation de l’auteur et celle des lecteurs, Paul adresse sa salutation aux destinataires de sa lettre, au verset 2.

III. Salutation

V. 2 « Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ. »

Grâce et paix, deux bienfaits extraordinaires qui ne sont pas choisis au hasard, puisque Paul les développera dans la suite. La grâce, c’est un don, et c’est plus précisément un don que nous ne méritons pas, qui nous est offert, ici, par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ. C’est une faveur de Dieu et de Christ qui est totalement imméritée.

La paix, c’est parfois un sentiment intérieur de sérénité. Et nous avons tous besoin de ce calme intérieur. Mais ici, il n’est pas premièrement question de cela. Étant donné que, dans la suite de sa lettre, Paul parlera surtout de la paix relationnelle au sein de la communauté, de la réconciliation entre Juifs et non-Juifs, de la bonne entente fraternelle, c’est sans doute cette paix-là qu’il souhaite déjà à ses lecteurs. Bien entendu, quand on est en paix sur le plan relationnel, cela favorise aussi la paix intérieure. Mais il est important de distinguer les deux.

Mais pourquoi souhaiter aux chrétiens la grâce et la paix, alors qu’ils les ont déjà reçues (c’est ce que nous verrons dans la suite). Paul est en train de dire: ces bienfaits dont vous avez déjà fait l’expérience peuvent encore se développer et s’élargir dans votre vie.

C’est donc aussi le cas pour nous. Le jour de notre conversion à Jésus-Christ, nous avons reçu la grâce de Dieu, en particulier par le pardon de nos péchés. Mais qui peut dire qu’il n’a plus besoin de grâce après sa conversion? Chaque instant de chaque jour qui passe (comme le dit le cantique traditionnel), j’ai besoin de la grâce de Dieu, de ses dons, de ses faveurs imméritées, du renouvellement de son pardon. J’en ai besoin aujourd’hui! Je ne pourrais pas vivre cette journée sans grâce supplémentaire de la part de Dieu, sans un approvisionnement nouveau en grâce.

Il en est de même pour la paix. Quand j’ai cru en Jésus-Christ pour la première fois, j’ai été intégré dans un peuple saint, où les barrières n’existent plus (en tout cas, en principe). Pourtant, je vis parfois des difficultés relationnelles avec d’autres chrétiens (il ne sert à rien de se voiler la face). J’ai donc besoin que la paix de Dieu prenne de l’expansion dans ma vie, dans mes relations et dans mon Église locale. Cette belle paix, cette harmonie procurée par la croix de Christ, je voudrais la vivre plus intensément.

Une petite note: dans les deux derniers versets de la lettre, Paul souhaite de nouveau la grâce et à la paix à ses lecteurs (en Ep 6.23-24). La lettre est donc entourée de grâce et de paix, encadrée par la grâce et la paix.

Qu’est-ce que cela suggère? Peut-être ceci: par l’ensemble de cette épître, par le message même de cette lettre, Dieu veut nous transmettre plus de grâce, et plus de paix. Méditer la lettre aux Éphésiens, c’est goûter à la grâce et à la paix de notre Père et du Seigneur Jésus-Christ. En nous imprégnant de cette lettre, nous allons recevoir davantage de grâce et de paix. Voilà ce à quoi nous pouvons nous attendre quand nous nous plongeons dans la lettre aux Éphésiens.

Quelle est la vérité centrale qui se dégage de notre texte, un texte court mais dense? Paul nous procure une équation toute simple:

Peuple saint + lettre aux Éphésiens = toujours plus de grâce et de paix

Autrement dit, quand le peuple saint (l’Église) reçoit la lettre aux Éphésiens et s’attache à son contenu, il reçoit en même temps davantage de grâce et de paix.

Je reviens à la question « qui sommes-nous? » Nous sommes des saints, des personnes consacrées à Dieu, mais surtout pas des personnes qui sont devenues saintes par elles-mêmes, ou qui s’efforcent tant bien que mal d’avoir les apparences de la sainteté.

Ce qui nous caractérise fondamentalement, ce n’est pas ce que nous faisons pour Dieu ou pour les autres. Mais c’est ce que lui a fait pour nous et ce qu’il continue de faire pour nous. Nous sommes premièrement les bénéficiaires de sa grâce et de sa paix, et c’est en fonction de ces bienfaits offerts par Dieu que nous pouvons effectivement être appelés « saints ». Parce que Dieu nous donne constamment sa grâce et sa paix, nous sommes consacrés à son service, et c’est ce qui fait notre bonheur.

Père céleste, merci pour Paul, apôtre de Jésus-Christ par ta volonté. Merci de me faire découvrir les richesses de ta volonté, de ton salut, par son intermédiaire. Donne-moi aujourd’hui ta grâce et ta paix. En tant que membre du peuple saint qui croit en Jésus-Christ, accorde-moi toute la grâce dont j’ai besoin à chaque instant. Donne-moi aussi d’être un artisan de paix, et permets que mon Église locale vive dans la paix. Au nom de Jésus-Christ, amen.

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et de théologie pratique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il s'exprime régulièrement sur son podcast vidéo d'enseignement biblique, Parle-moi maintenant. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

Articles pouvant vous intéresser