Sommes-nous toujours émerveillés par notre salut?

S'émerveiller de notre salut - Éphésiens 2.1-10 (PMM #5)

Bienvenue dans Parle-moi maintenant, le podcast qui vous fait parcourir le Nouveau Testament un livre à la fois. Dans cet épisode, nous poursuivons notre série sur la lettre de Paul aux Éphésiens.

Dans ce cinquième épisode sur la lettre aux Éphésiens, Dominique Angers aborde le chapitre 2, dans lequel Paul compare notre situation « autrefois » et « maintenant ».  Dominique traite de la première moitié du chapitre (Éphésiens 2.1-10), qui décrit notre salut comme une résurrection avec Christ et une session avec lui dans le monde céleste.

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La vérité centrale d’Éphésiens 2.1-10

Dieu veut nous émerveiller par la puissance qu’il a déployée en nous sauvant.

Questions pour échange en groupe ou réflexion personnelle

  • Avez-vous l’impression que votre salut reste pour vous une source d’émerveillement, ou est-il devenu quelque chose de normal voire de banal tant vous vous y êtes habitué?
  • Quand vous comparez votre vie « autrefois » (avant de devenir chrétien) et « maintenant » (en tant que chrétien), quel changement vous paraît le plus évident?
  • Quand nous mettons en relation Éphésiens 1.19, 1.20 et 2.6, nous nous trouvons devant une véritable « réaction en chaîne ultra puissante ». Expliquez.
  • Avant d’être unis à Christ, nous étions spirituellement morts. Comment cette mort spirituelle se manifestait-elle concrètement dans votre quotidien?
  • Avant d’être unis à Christ, nous étions esclaves du monde, du diable et de nous-mêmes. En regardant en arrière aujourd’hui, votre esclavage passé est-il évident à vos yeux? Racontez.
  • Pourquoi Paul évoque-t-il notre condamnation passée au verset 3?
  • Pourquoi Paul prend-il la peine de nous rappeler ces trois vérités sinistres dans les versets 1 à 3?
  • Qu’évoquent pour vous les mots « Mais Dieu » au verset 4?
  • D’après les versets 4 et 5a, qu’est-ce que l’amour de Dieu envers nous a de particulier?
  • Quel est le message central de notre texte, présenté dans les versets 5b et 6? Avez-vous l’habitude de concevoir ainsi votre salut?
  • Prenons un instant pour reformuler le verset 7 en prière.
  • Où trouve-t-on le thème de la nouvelle création dans le verset 10?
  • Quel est le rapport entre les versets 8-9 (sur la grâce de Dieu) et le verset 10?
  • En quoi l’Église est-elle « le chef-d’œuvre de Dieu »?
  • Quelles sont les « œuvres bonnes » que Dieu a préparées à l’avance pour nous? Comment s’assurer que nous marchons dans ces œuvres?
  • En quoi le texte d’Éphésiens 2.10 peut-il être rapproché de Philippiens 2.13? Qu’y a-t-il de particulièrement encourageant dans ces deux versets?

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Version écrite de l’épisode PMM #5 (transcription)

Sommes-nous toujours émerveillés par notre salut? Ou est-ce que notre salut est devenu à nos yeux quelque chose de tout à fait normal voire banal? Par le texte d’Éphésiens 2.1-10, Dieu veut nous émerveiller par notre salut.

Dans l’ensemble du chapitre 2 de la lettre aux Éphésiens, Paul compare notre situation autrefois et maintenant. Il rappelle à ses lecteurs le changement immense qu’ils ont vécu à leur conversion. Le premier texte du chapitre 2 nous parle du salut par la grâce. Mais il est relié à la prière de Paul dont nous avons parlé la dernière fois par le thème de la puissance.

Je m’explique. Paul prie que les Éphésiens comprennent la puissance de Dieu qui agit en eux (1.19). Ensuite, il rappelle que c’est précisément cette puissance qui a ressuscité Christ (1.20). Et maintenant, dans notre texte, il affirme que cette puissance nous a aussi ressuscités et fait siéger dans le monde céleste avec Christ (2.6). Nous avons donc une espèce de réaction en chaîne ultra puissante.

Vérité centrale: Dieu veut nous émerveiller par la puissance qu’il a déployée en nous sauvant.

Pour être émerveillés par cette puissance divine, nous devons réaliser trois choses.

I. Ce que nous étions (versets 1-3)

Plus nous saisissons ce que nous étions, plus nous serons émerveillés par ce que Dieu a fait. Les mots que Paul utilise ici sont très forts. Il met en avant trois « vérités sinistres » (pour reprendre l’expression du commentateur John Stott):

A. morts

Verset 1 : « Autrefois, vous étiez morts à cause de vos fautes et de vos péchés. »

« Vous étiez morts », c’est-à-dire: spirituellement morts, ce qui ultimement signifie « séparés de Dieu ». Qu’est-ce qui a causé cette mort, cette distance par rapport à Dieu? Nos fautes et nos péchés. Nous avons fait des choses que nous n’aurions pas dû faire, et nous n’avons pas fait tout ce que nous aurions dû faire.

B. esclaves

Non seulement nous étions morts, mais nous étions esclaves. Des cadavres esclaves. Nous étions esclaves de trois influences: du monde, du diable et de nous-mêmes.

– du monde

Verset 2a: « Par ces actes, vous conformiez alors votre manière de vivre à celle de ce monde […] »

Littéralement en grec: « vous marchiez autrefois selon le cours de ce monde ». Paul sollicite ici l’image de la marche, qui exprime un style de vie. Le monde ici, ce ne sont pas tous les gens qui nous entourent. C’est le grand système qui s’oppose à Dieu.

– du diable

Verset 2b: «  […] et vous suiviez le chef des puissances spirituelles mauvaises, cet esprit qui agit maintenant dans les hommes rebelles à Dieu. »

Le diable est le chef des puissances spirituelles mauvaises, qui sont mentionnées ailleurs dans Éphésiens. Nous étions esclaves de ses mensonges.

– de nous-mêmes

Verset 3ab: « Nous aussi, nous faisions autrefois tous partie de ces hommes. Nous vivions selon nos mauvais désirs d’hommes livrés à eux-mêmes et nous accomplissions tout ce que notre corps et notre esprit nous poussaient à faire. »

Dans des traductions plus littérales, on retrouve le mot « chair ». La chair, c’est l’être humain livré à lui-même, l’homme sans Dieu. La chair englobe tous nos mauvais désirs égoïstes.

C. condamnés

Verset 3c: « Aussi étions-nous, par nature, voués à la colère de Dieu comme le reste des hommes. »

Par la nature corrompue dont nous avons hérité (« par nature ») et par nos propres fautes et nos propres péchés (verset 1), nous étions destinés à la colère de Dieu.

Mais pourquoi Paul nous dit-il tout cela? Pourquoi se focaliser sur le passé? Tout simplement parce que nous avons souvent tendance à minimiser la gravité de notre ancienne condition.

II. Ce que Dieu a fait pour nous (versets 4 à 7)

Les deux premiers mots du verset 4 ont pour but de nous étonner: « Mais Dieu ». Notre condition était catastrophique. Heureusement, Dieu est intervenu. Dans les versets 4 et 5, Paul fait de grands efforts pour nous convaincre que ce que Dieu a fait n’était pas normal. Nous devrions concevoir le salut de Dieu comme quelque chose d’inattendu.

Au verset 4, Paul évoque la bonté de Dieu:

Verset 4a: « Mais Dieu est riche en bonté. »

Ensuite, Paul parle de l’amour de Dieu, mais en soulignant un aspect précis de cet amour:

Verset 4b-5a: « Aussi, à cause du grand amour dont il nous a aimés, 5 alors que nous étions morts à cause de nos fautes […] »

Dieu a aimé des hommes et des femmes qui étaient morts par leurs fautes, qui s’étaient rebellés contre lui. Voilà ce que son amour a de particulier. Il a aimé des cadavres spirituels.

Puis intervient l’élément central du passage, toujours au verset 5:

Verset 5b: « […] il nous a fait revivre les uns et les autres avec Christ. »

Nous étions morts, mais il nous a fait revivre avec Christ, et pour s’assurer que nous l’avons bien suivi, Paul se permet d’ajouter, à la fin du verset 5:

Verset 5c : « – C’est par la grâce que vous êtes sauvés. – »

La grâce de Dieu, c’est donc beaucoup plus que le pardon des péchés.

Verset 5b: « il nous a fait revivre les uns et les autres avec Christ. »

Et la même idée est développée au verset 6:

Verset 6: « Par notre union avec Jésus-Christ, Dieu nous a ressuscités les uns et les autres et nous a fait siéger les uns et les autres dans le monde céleste. »

Notre résurrection et notre session dans le monde céleste se sont faites « par notre union avec Jésus-Christ ». Qu’est-ce que tout ça signifie? Ce que Paul veut nous communiquer, c’est que nous partageons la destinée glorieuse de Christ. Ce qui lui arrive nous arrive, son histoire devient notre histoire. S’il ressuscite, nous ressuscitons avec lui. S’il monte au ciel, nous y montons avec lui. Nous sommes unis à lui, nous sommes au bénéfice de sa vie (de sa résurrection) et de sa victoire (puisque nous siégeons avec lui dans le monde céleste; or ce sont les vainqueurs qui siègent dans le monde céleste au-dessus des puissances vaincues).

Quelle grâce! C’est ce que souligne le verset 7.

Verset 7: « Il l’a fait afin de démontrer pour tous les âges à venir, l’extraordinaire richesse de sa grâce qu’il a manifestée en Jésus-Christ par sa bonté envers nous. »

III. Ce que nous sommes devenus (versets 8 à 10)

Souvent, notre vision du salut se limite au passé (« Dieu m’a sauvé! »), et notre émerveillement en souffre cruellement. « Dieu a fait sa part (en me sauvant), maintenant c’est à mon tour de faire la mienne (en lui obéissant ou en faisant des choses pour lui). » Pourtant, pour Paul, le salut englobe le passé, le présent et l’avenir. Du début à la fin de notre parcours, nous dépendons de la grâce de Dieu, qui agit dans notre vie.

Versets 8-9: « 8 Car c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu ; 9 ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter. »

Nous connaissons bien ces versets. Paul exprime de toutes les manières possibles que c’est la grâce de Dieu seule qui nous sauve. Le salut ne s’obtient pas par nos propres efforts. Mais Paul s’empresse d’ajouter, au verset 10, que la grâce de Dieu n’est pas arrivé à son terme dans notre vie:

Verset 10: « Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu ; car par notre union avec Jésus-Christ, Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions. »

Paul emploie maintenant le langage de la création pour décrire notre salut. Quand il nous a sauvés, « Dieu nous a créés ». En fait, Paul évoque ici le thème de la nouvelle création. La première création de Dieu a été gâchée par le péché. En Jésus-Christ, Dieu procède maintenant à une nouvelle création. Dans cette nouvelle création, l’Église est le chef-d’œuvre de Dieu. Et chacun d’entre nous a une place dans ce chef-d’œuvre magnifique.

Que sommes-nous devenus? Des participants à une nouvelle création. Mais attention! Dieu nous a recréés dans un but précis:

Verset 10b: « […] Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions [littéralement : afin que nous marchions en elles]. »

Nous participons à cette nouvelle création qu’est l’Église de Jésus-Christ. Quelles sont les œuvres bonnes que Dieu a préparées à l’avance pour nous? C’est toute l’obéissance chrétienne qui est détaillée dans les chapitres 4, 5 et 6 de la lettre aux Éphésiens. Nous avons été recréés en vue de cette nouvelle marche, qui est à l’opposé de notre ancienne marche, décrite au verset 2. Nous avons complètement changé de direction.

Mais nous ne sommes pas seuls dans cette nouvelle marche. Même les œuvres bonnes que nous accomplissons, même les pas d’obéissance que nous faisons, c’est Dieu qui les a préparés à l’avance (dans l’éternité passé). C’est une autre manière de dire que c’est Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire conformément à son projet bienveillant (Philippiens 2.13).

C’est Dieu qui me donne le désir et la capacité de marcher dans une direction diamétralement opposée à mon ancien parcours de vie. Oui je suis actif (je suis en marche), mais c’est Dieu qui m’active par sa grâce, de sorte que même quand je fais les bons choix, même quand je m’investis dans mon Église locale, quand j’ai une bonne attitude au travail, quand j’aime mes voisins, c’est Dieu qui mérite toute la gloire (et pas moi).

Tout le système dans lequel nous vivons (le monde) déclare haut et fort que notre valeur dépend de nos accomplissements et de nos performances. Mais l’Évangile dit tout autre chose: nous sommes devenus l’ouvrage de Dieu, son chef-d’œuvre, sa nouvelle création, sans aucun mérite. Et nous investissons intensément dans cette nouvelle création qu’est l’Église, parce que la grâce de Dieu nous y pousse. Nous sommes le chef-d’œuvre de Dieu, et les œuvres que nous accomplissons découlent naturellement de notre salut. Un chef-d’œuvre qui produit de belles œuvres. C’est ça, l’Église.

Prière

Mon Dieu, ton salut m’émerveille et m’impressionne. Tu ne me devais absolument rien: j’étais mort, esclave et condamné. Mon histoire aurait pu très mal se terminer. Mais il y a eu ton amour, qui est tout sauf normal: c’est la plus grande surprise de l’histoire. Merci de m’avoir ressuscité avec Christ, de me faire siéger avec lui dans le monde céleste, et de me faire partager sa victoire. Même après avoir été secouru par toi, j’ai cette tendance à vouloir faire les choses par moi-même. Je vis avec l’illusion que tu as fait ta part et que je dois maintenant faire la mienne tout seul, que je dois me construire moi-même. Non: même le bien que je fais, c’est toi qui l’a préparé à l’avance. Ainsi, tout est grâce, et tout est à ta gloire. En Jésus, amen.

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et d’homilétique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il s'exprime chaque semaine sur son podcast vidéo d'enseignement biblique, Parle-moi maintenant. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

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