Quelles expériences spirituelles devrions-nous demander à Dieu?

Prier pour être bouleversé par son amour - Éphésiens 3.14-21 (PMM #8)

Bienvenue dans Parle-moi maintenant, le podcast qui vous fait parcourir le Nouveau Testament un livre à la fois. Dans cet épisode, nous poursuivons notre série sur la lettre de Paul aux Éphésiens.

Dans ce huitième épisode sur la lettre aux Éphésiens, Dominique Angers parcourt la prière de Paul qui apparaît en Éphésiens 3.14-21. Oui, Dieu peut faire infiniment au-delà de tout ce que nous demandons et même pensons!

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La vérité centrale d’Éphésiens 3.14-21

Dieu nous invite à demander plus parce que nous avons déjà tout.

Questions pour échange en groupe ou réflexion personnelle

  • « Quelles expériences spirituelles devrions-nous demander à Dieu? » Comment auriez-vous répondu à cette question avant d’avoir médité le texte d’Éphésiens 3.14-21?
  • Pourquoi les mots « c’est pourquoi », au début de notre texte, sont-ils si significatifs?
  • Reformulez dans vos propres mots la vérité centrale d’Éphésiens 3.14-21: Dieu nous invite à demander plus parce que nous avons déjà tout.
  • Dans cette prière, Paul reprend des thèmes qu’il a développés précédemment dans sa lettre. Donnez un exemple.
  • L’image de la fortune sur le compte bancaire qu’il s’agit maintenant de « dépenser » vous parle-t-elle? Expliquez.
  • Quelle est la différence entre une expérience ancrée dans l’Évangile et une expérience qui ne l’est pas?
  • Existe-t-il vraiment des expériences spirituelles que nous devrions activement rechercher et demander? Développez votre réponse.
  • Paul se met à genoux pour demander ces choses (verset 14), ce qui indique qu’il ne les demande pas à la légère. Ressentez-vous régulièrement votre besoin de vivre plus intensément l’amour de Christ?
  • Avez-vous l’impression qu’il existe un décalage entre l’amour de Christ pour vous et votre expérience concrète de cet amour? Avez-vous parfois l’impression de vous contenter de quelques miettes de cet amour?
  • Relisez le verset 16. Avez-vous déjà expérimenté cette force intérieure qui nous dépasse?
  • Que signifie l’idée que Christ habite dans notre cœur (verset 17)?
  • Relisez le verset 18. Comment faire cette expérience avec d’autres chrétiens? Avez-vous un témoignage à ce propos?
  • En quoi le verset 20 peut-il nous motiver à prier davantage?

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Version écrite de l’épisode PMM #8 (transcription)

Quelles expériences spirituelles devrions-nous demander à Dieu? Quelles expériences est-il légitime et même nécessaire de rechercher et de demander dans la prière?

En Éphésiens 3.14-21, Paul prie de nouveau pour les Éphésiens. Il a déjà prié pour eux au chapitre 1 (Éphésiens 1.15-23). Cette deuxième prière vient clore la première grande moitié de la lettre sur l’Église dans le monde céleste (chapitres 1 à 3). Cette prière prépare aussi le terrain pour la partie plus pratique de l’épître (chapitres 4 à 6). C’est donc un texte qui sert de transition.

Paul commence en disant: « C’est pourquoi ». Il affirme en quelque sorte: « C’est pourquoi je prie pour vous. » Il répète ici les mots « c’est pourquoi », qu’il a employés au verset 1. En Éphésiens 3.1, Paul voulait déjà prier, mais comme nous l’avons vu, il a interrompu sa prière et a plutôt opté pour une longue parenthèse à propos de son ministère (versets 2 à 13). Au verset 14, il reprend le fil de sa prière.

« C’est pourquoi », ce sont peut-être les mots les plus importants de la prière, de façon étonnante. Pour quelle raison? Parce que dans les chapitres 1 et 2, Paul a décrit tout ce que Dieu a déjà fait pour ses lecteurs. Par exemple, il leur a accordé avec puissance le salut par pure grâce (2.1-10). Il les a intégrés dans une grande communauté qui est le temple de Dieu (2.11-22). « C’est pourquoi » Paul prie maintenant pour eux.

En d’autres mots – et il s’agit de la vérité centrale de ce texte –: Dieu nous invite à demander plus parce que nous avons déjà tout.

Si nous comparons les sujets de prière de Paul dans notre texte aux deux premiers chapitres de la lettre aux Éphésiens, nous constaterons ceci, à notre grande surprise: dans sa prière à Dieu, Paul semble demander des choses que les chrétiens, en réalité, ont déjà reçues. C’est paradoxal.

Par exemple:

  • en 3.19, Paul prie que les Éphésiens connaissent l’amour de Christ; pourtant, en 2.4, il a déjà affirmé que Dieu les avait aimés d’un grand amour;
  • aussi en 3.19, Paul prie que les Éphésiens soient remplis de toute la plénitude de Dieu; pourtant, en 1.23, il a déjà affirmé que dans l’Église se manifeste la plénitude de Dieu ou de Christ.

Et attention, Paul ne dit pas, au début de notre passage: « même si vous avez déjà reçu pas mal de choses, je me permets d’en demander encore un peu pour vous ». Non. Paul ne dit pas « même si », mais il dit « c’est pourquoi » (« puisque »). Parce que vous avez tout reçu en Christ, je demande maintenant telle et telle chose pour vous.

Dieu nous invite à demander plus parce que nous avons déjà tout. Dieu a déjà versé une fortune sur notre compte bancaire. Maintenant, Paul nous dit: « Je prie que vous utilisiez cet argent dans votre vie de tous les jours. Que vous arrêtiez de vivre comme des pauvres sur le plan spirituel, et que vous passiez plus souvent au guichet bancaire pour faire des retraits. Que vous profitiez davantage de votre richesse spirituelle. »

Notre texte est un appel à rechercher et à demander les expériences spirituelles qui correspondent à l’œuvre déjà accomplie par Christ – ces expériences que Dieu met à notre disposition aujourd’hui même.

Parcourons ce texte en nous posant trois questions.

I. Pourquoi demander? (Versets 14-15)

14 C’est pourquoi je me mets à genoux devant le Père, 15 de qui dépendent, comme d’un modèle, toutes les familles des cieux et de la terre. (Éphésiens 3.14-15)

Paul se met à genoux devant le Père, ce qui indique qu’il demande ces choses avec humilité devant la majesté de Dieu, mais aussi avec ferveur. Il ne demande pas ces choses à la légère.

Pourquoi demander? Parce que nous en avons bien besoin! Paul affirme ici, indirectement, que notre plus grand besoin, en tant que croyants unis à Christ, ce n’est pas la prospérité financière. Ce n’est pas non plus la bonne marche de notre carrière ou de nos études, même si Dieu ne méprise pas ces choses. Ce n’est pas la santé, aussi importante soit-elle.

Notre plus grand besoin, c’est de vivre une expérience renouvelée et approfondie de l’amour de Christ. Ce que Paul sous-entend, et reconnaissons qu’il a raison, c’est qu’il existe souvent un décalage entre la réalité que nous avons vécue en Christ et notre expérience pratique de cette réalité. Très souvent, bien que nous soyons des milliardaires, nous vivons comme des pauvres. Nous savons théoriquement que Dieu nous a enrichis et que l’argent est en banque, mais pour toutes sortes de raisons, nous avons du mal à retirer quelques billets. Nous nous contentons de vivre avec des miettes, alors que des mets délicieux ont été préparés pour nous.

II. Quoi demander? (Versets 16-19)

Paul demande que ses lecteurs vivent trois expériences ancrées dans l’Évangile. Il ne s’agit pas de rechercher l’expérience pour l’expérience, ou d’approuver toutes les expériences spirituelles qui nous sont proposées. Les expériences que Paul demande pour ses lecteurs sont très précises et réfléchies. Ces expériences reflètent les réalités de l’Évangile, de ce que Dieu a déjà fait pour nous en Christ.

A. L’expérience d’une force intérieure qui nous dépasse

Je lui demande qu’il vous accorde, à la mesure de ses glorieuses richesses, d’être fortifiés avec puissance par son Esprit dans votre être intérieur. (Éphésiens 3.16)

Si nous sommes chrétiens, d’après Éphésiens 1.13, nous avons obtenu le Saint-Esprit, par lequel Dieu nous a marqués de son sceau. Ce même Saint-Esprit peut maintenant nous fortifier avec puissance dans notre être intérieur.

Paul reformule cette première expérience autrement au début du verset 17:

Que Christ habite dans votre cœur par la foi. (Éphésiens 3.17a)

L’être intérieur (verset 16) et le cœur (verset 17), c’est à peu près la même chose. C’est le centre de notre être, la tour de contrôle de notre personnalité, ce sont nos tripes!

Paul dit maintenant: « Que Christ habite dans votre cœur par la foi. » Souvent, en parlant de la conversion, nous disons que Christ est venu habiter dans notre cœur. Mais ici, c’est dans un autre sens que l’expression est utilisée. Il est question d’une installation plus complète dans notre cœur. Un peu comme quand on aménage un nouvel appartement à notre goût. « Que Christ occupe et organise progressivement toutes les pièces de notre cœur à son goût. Qu’il règne en nous. » Cela se produit quand nous exerçons « la foi » en lui, d’où l’importance de la demander.

B. L’expérience d’un amour sans limites

Enracinés et solidement fondés dans l’amour, 18 vous serez ainsi à même de comprendre, avec tous ceux qui font partie du peuple saint, combien l’amour de Christ est large, long, élevé et profond. (Éphésiens 3.17b-18)

Nous savons bien que Christ nous a aimés à la croix. Mais nous avons besoin, par des expériences vécues, d’être plongés dans son amour.

« Enracinés et solidement fondés dans l’amour » Nous avons ici deux images, une botanique (« enracinés ») et une architecturale (« fondés »). Deux images qui expriment la notion de progrès dans cet amour. L’amour de Christ, c’est à la fois la terre dans laquelle les croyants sont enracinés et le fondement sur lequel leur vie est construite. Bien que l’amour de Christ n’ait aucune limite (dans sa largeur, sa longueur, sa hauteur et sa profondeur, dans toutes ses dimensions), il nous est possible, avec le secours de Dieu, de le saisir encore mieux.

Cette expérience forte, elle ne se vit pas seul (en tout cas selon ce texte), mais elle se vit « avec tous ceux qui font partie du peuple saint » (avec les autres chrétiens). Un commentateur a écrit:

« Le chrétien isolé peut certes saisir quelque chose de l’amour de Christ, mais ce qu’il en saisit restera confiné aux limites de son expérience personnelle. Pour comprendre tout l’amour de Dieu, il ne faut rien de moins que tout le peuple de Dieu […]. »

C’est notre Église locale qui nous permet de faire l’expérience de l’amour de Christ. La communauté est la toile de fond sur laquelle se dessine l’amour de Christ dans notre vie.

Lors de la célébration hebdomadaire, nous pouvons goûter ensemble à l’amour de Christ par la louange communautaire, l’écoute de la Parole, le repas du Seigneur. Par la communion fraternelle à différents moments de la semaine, par l’oreille attentive d’un frère ou d’une sœur ou par une parole dite à propos, par un service rendu, c’est Christ qui nous aime. En un mot, l’amour de Christ se vit au rythme de nos relations avec tous les chrétiens.

19 Oui, vous serez à même de connaître cet amour qui surpasse tout ce qu’on peut en connaître [….] (Éphésiens 3.19)

Quelle belle promesse!

C. L’expérience de la maturité spirituelle

19b […] et vous serez ainsi remplis de toute la plénitude de Dieu. (Éphésiens 3.19b)

Être rempli de toute la plénitude de Dieu, ce n’est pas devenir un dieu. C’est être totalement maîtrisé et contrôlé par le Dieu de gloire. C’est être tout ce que Dieu veut que nous soyons. C’est être mûr spirituellement. Cette troisième expérience est en quelque sorte le résultat des deux premières. Plus nous faisons l’expérience de cette force intérieure qui nous dépasse, et plus nous goûtons à l’amour sans limites de Christ, plus nous avançons vers la maturité.

III. Comment demander? (Versets 20-21)

C’est par une louange, dans les versets 20 et 21, que Paul répond à cette question.

20 A celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser bien au-delà de tout ce que nous demandons ou même pensons […] (Éphésiens 3.20)

Comment demander? Demandons en nous attendant à plus que ce que nous demandons. C’est l’un des versets les plus motivants de toute la Bible à propos de la prière. Dieu n’est pas limité par nos faibles prières! Il a envie non seulement de répondre à nos requêtes, mais aussi de nous accorder bien plus.

La fin de notre texte est absolument incroyable. Paul a consacré trois chapitres à nous convaincre que ce que Dieu a déjà fait pour nous dépasse tout ce que nous aurions pu imaginer. Nous sommes passés de la mort à la vie spirituelle. Nous siégeons avec Christ dans le monde céleste. Nous sommes intégrés dans la communauté des croyants. Nous sommes réconciliés avec Dieu.

Mais Paul termine en disant: « Et ce n’est pas tout! » Non seulement ce que Dieu a déjà fait pour vous dépasse vos attentes, mais ce qu’il veut encore faire en vous transcende également l’imagination humaine. Il veut faire au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons. Demandons en nous attendant à plus que ce qu’on peut imaginer ou demander.

[…] à lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ pour toutes les générations et pour l’éternité. Amen! (Éphésiens 3.21)

Toute cette richesse, Dieu veut nous l’accorder pour sa propre gloire! Autrement dit, Dieu est honoré et glorifié par le plaisir que nous prenons en lui. Il est glorifié quand sa puissance agit en nous et nous transforme par l’Évangile (il aime cela). Il est glorifié quand nous sommes bouche bée devant sa grâce et son amour. Il est glorifié quand nous nous émerveillons de ce qu’il veut encore faire en nous.

Prière

Père céleste, nous nous mettons à genoux devant toi. Accorde-nous, à la mesure de tes glorieuses richesses, d’être fortifiés avec puissance par ton Esprit dans notre être intérieur. Que Christ habite dans notre cœur par la foi. Fais-nous comprendre, avec tous les chrétiens, combien l’amour de Christ est large, long, élevé et profond. Fais-nous connaître cet amour qui surpasse tout ce qu’on peut en connaître. Remplis-nous de toute la plénitude de Dieu. S’il te plaît, accomplis bien au-delà de tout ce que nous demandons ou même pensons. À toi soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, pour toujours, amen.

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et d’homilétique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il est l’auteur de La méditation biblique à l’ère numérique, Farel/GBU, 2012. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

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