Quel pourcentage d’une prédication devrait être consacré à l’application?

Prédicateurs, vos auditeurs disent avoir besoin de concret. Et ils ont bien raison!

J’en conviens: l’idée défendue dans ce court billet a du mal à « prendre » parmi les prédicateurs.

Ma réponse

Ma réponse à la question posée dans le titre de ce billet est: « Plus que le pourcentage habituel! » En général, les prédicateurs ne sont pas connus pour leur économie excessive de mots. Pourtant, il y a une exception à cette règle: ils font souvent l’économie des applications.

Personne n’est choqué lorsqu’un prédicateur – appartenant certes à une espèce d’une extrême rareté – consacre 40%, voire 50% de sa prédication à l’appropriation personnelle et communautaire du texte biblique. Et le professeur d’homilétique que je suis ne l’est pas davantage.

Prédicateurs, servez-nous plus d’applications, les auditeurs que nous sommes les réclamons!

Ne vais-je pas un peu loin?

40 ou 50%, est-ce que je n’exagère pas un peu? Certes, cela n’est ni toujours possible ni toujours souhaitable. S’il m’est arrivé de faire dans les 80% (avec un texte biblique court), il va de soi que le pourcentage variera en fonction de plusieurs facteurs (la simplicité ou la complexité du texte présenté, l’auditoire, le temps à disposition, et ainsi de suite).

Néanmoins, il faudrait une excellente raison, à mon avis, pour consacrer moins de 30% du temps alloué aux applications et aux exemples concrets (cela inclut certaines illustrations plus motivantes qu’explicatives).

Collègues prédicateurs, appliquons-nous à appliquer le texte! Une prédication qui explique bien l’Écriture mais l’applique peu sera d’une utilité réduite pour les auditeurs.

Au contraire, une prédication qui développe avec soin la dimension pratique « rentabilisera » toutes les explications fournies sur le texte biblique – et qui ont « coûté » bien des sueurs au prédicateur au cours de sa préparation. Pour mémoire, on ne vise pas la simple (et potentiellement désolante) ingurgitation d’informations de la part de nos auditeurs indulgents, mais bien la transformation du peuple de Dieu par l’action conjointe de la Parole et de l’Esprit!

Prêcher sans bien appliquer, ce n’est pas tout à fait prêcher.

Pour aller plus loin

P.S. J’avais publié cet article le 30 janvier 2018. Je l’ai mis à jour et republié le 16 février 2021.

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et de théologie pratique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il s'exprime régulièrement sur son podcast vidéo d'enseignement biblique, Parle-moi maintenant. Il est l'auteur du livre La méditation biblique à l'ère du numérique. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de toutes ses publications.

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