Oser reprendre un autre chrétien avec amour et sagesse

Dans la vie d’Église, il n’y a pas grand-chose de plus difficile ni de plus sensible que de devoir reprendre un frère ou une sœur qui fait fausse route. À l’époque du « chacun pour soi », il est tellement plus simple de faire l’autruche et de « se mêler de ses propres affaires ».

Un témoignage puissant

Dand son livre Dire la vérité avec amour, David Powlison écrit:

J’ai vu des vies démolies être transformées simplement parce qu’un ami attentionné avait été disposé à parler avec honnêteté: « Je t’aime et je te respecte en tant que personne, et je veux ton bien. Mais tu te détruis avec ton mode de pensée et ta façon de vivre. » Ce sont précisément ces mots qui ont changé ma vie. Le missile d’amour sage a fait exploser le bunker d’entêtement dans lequel je vivais. Les paroles de mon ami n’étaient pas empruntées à une méthodologie ou à un art d’élocution. Elles avaient quatre choses en leur faveur: elles étaient vraies, bienveillantes, personnelles, appropriées[1].

Nos résistances

Qu’est-ce qui nous empêche trop souvent de nous offrir mutuellement, dans la famille de Dieu, le beau cadeau d’un regard externe bienveillant sur nos manquements récurrents?

  • Nous croyons ne pas avoir le temps pour ce genre d’échange fraternel car nous sommes déjà bien trop occupés. 
  • Nous ne savons pas comment nous y prendre ni par quel bout commencer.
  • Nous craignons que la personne concernée réagisse mal.

Une injonction biblique

Ces hésitations sont compréhensibles, mais elles ne devraient pas nous bloquer. En effet, l’Écriture est claire:

Frères et sœurs , si quelqu’un s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui vivez selon l’Esprit, ramenez-le dans le droit chemin avec un esprit de douceur. Et toi qui interviens, fais attention de ne pas te laisser toi-même tenter. (Galates 6.1)

Bien que cette exhortation soit dépourvue d’ambiguïté, autant reconnaître d’emblée que même les chrétiens les plus mûrs n’agiront jamais à la perfection dans ce domaine. Soyons donc indulgents les uns avec les autres, patients et prêts à pardonner les maladresses – il y en aura.

Osons!

Mais osons ouvrir la bouche quand nous considérons que cela pourrait véritablement aider une personne. Prions pour ses progrès dans la marche chrétienne, que notre démarche vient appuyer et encourager. 

Le contraire de l’amour, ce n’est pas toujours la haine; c’est souvent l’indifférence. Ne soyons pas indifférents aux luttes de nos frères et sœurs en Christ. 

N’avons-nous pas aussi les nôtres? 

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[1] David Powlison, Dire la vérité avec amour. Une vision biblique du counseling pour l’Église, Impact, Trois-Rivières, 2017, p. 21-22.

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et de théologie pratique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il s'exprime régulièrement sur son podcast vidéo d'enseignement biblique, Parle-moi maintenant. Il est l'auteur du livre La méditation biblique à l'ère du numérique. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de toutes ses publications.

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