Notre salut ne dépend pas de l’intensité de notre foi

Justin Taylor, sur son blog, présente la vidéo d’un extrait d’une prédication récente de Donald Carson. Il s’agit d’une illustration percutante inspirée d’un célèbre épisode tiré de l’histoire d’Israël. L’enseignement qu’en tire Carson est encourageant et rassurant pour les chrétiens qui se demandent parfois s’ils ont assez de foi pour être sauvés.

Pour apprécier cette illustration, il faut être familier, au moins dans les grandes lignes, du récit de la première Pâque en Exode 12. N’hésitez pas à relire ce texte.

L’illustration s’appuie en outre, de manière implicite, sur les deux notions suivantes:

  • L’agneau pascal est un « type » (c’est-à-dire une anticipation, dans la pédagogie de Dieu) de l’Agneau par excellence qui est mort pour nos péchés, Jésus-Christ.
  • Le moyen d’appropriation du salut (c’est-à-dire la foi exigée par Dieu) est fondamentalement le même à notre époque.

Dans la suite de ce billet, je traduis, j’abrège et j’adapte l’illustration de Carson, en conservant le style oral du propos. Puis, je conclus.

Imaginez deux hommes israélites, Nathan et Simon. La veille de la première Pâque, au pays de Goshen, ils ont l’échange suivant:

 

Nathan dit à Simon: « ça ne t’inquiète pas trop, toi, ce qui doit se produire ce soir? »

 

Simon répond: « Non, pas vraiment. Dieu nous a dit comment nous y préparer, par son serviteur Moïse. Donc, nul besoin de t’en faire. Tu as bien immolé l’agneau? Tu as bien pris de son sang, tu en as mis sur les deux montants et sur le linteau de la porte de ta maison? Tu as l’intention de manger le repas de la Pâque en famille ? Tu es prêt pour le grand départ qui suivra? »

 

Nathan enchaîne: « Évidemment que j’ai fait tout cela, je ne suis pas bête à ce point! Mais… je stresse quand même un peu, quand je pense à tout ce qui s’est produit ces derniers temps dans les environs. Les moustiques, l’eau changée en sang, c’est quand même terrible tout cela. Et à présent, cette nouvelle menace: les fils premiers-nés qui risquent d’être tués… Pour toi, ce n’est pas la fin du monde, tu en as trois, des fils! Mais moi, je n’en ai qu’un… Et tu sais combien j’aime mon Joseph. Ah, ce dixième fléau qui arrive… Je sais bien ce que Dieu a dit, et j’ai badigeonné ma porte de sang, mais je ne peux m’empêcher de trembler, c’est plus fort que moi. Chose certaine, je me porterai bien mieux quand toute cette affaire sera derrière nous. »

 

Simon répond: « Moi, ça ne m’inquiète pas du tout! Je suis plus que prêt, et j’ai toute confiance dans les promesses de Dieu! »

 

***

 

Ce soir-là, l’Éternel traverse le pays pour frapper les premiers-nés qui se trouvent en Égypte. Qui perd son fils – Nathan ou Simon?

 

La réponse, bien entendu, c’est : aucun des deux!

 

Pourquoi? Parce qu’aucune famille israélite, cette nuit-là, n’a été épargnée de la mort sur la base de l’intensité ou de la clairvoyance de sa foi. Non, les familles israélites ont été épargnées sur la base du sang de l’agneau.

De la même manière, aujourd’hui, nous sommes sauvés non pas par l’intensité de notre foi, mais plutôt par l’objet de notre foi, Jésus-Christ, l’Agneau parfait offert pour nous.

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et d’homilétique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il est l’auteur de La méditation biblique à l’ère numérique, Farel/GBU, 2012. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

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