Dans l’Église, quel rôle pour les leaders, quel rôle pour tous les membres?

Le service dans l'Église, c'est l'affaire de tous! - Éphésiens 4.7-16, partie 2 (PMM #11)

Bienvenue dans Parle-moi maintenant, le podcast qui vous fait parcourir le Nouveau Testament un livre à la fois. Dans cet épisode, nous poursuivons notre série sur la lettre de Paul aux Éphésiens.

Dans ce onzième épisode sur la lettre aux Éphésiens, Dominique Angers poursuit l’étude d’Éphésiens 4.7-16. Dans ce texte, trois grands thèmes se rencontrent: la diversité, l’unité et la maturité de l’Église. Dans ce second épisode sur ce texte, on découvre que la diversité est au service de l’unité et de la maturité du corps de Christ.

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La vérité centrale d’Éphésiens 4.7-16, partie 2 (versets 12 à 16)

Orientés par nos leaders, impliquons-nous pour que le corps de Christ croisse en unité et en maturité.

Questions pour échange en groupe ou réflexion personnelle

  • Avant d’avoir visionné cet épisode, comment auriez-vous répondu à la question: « Dans l’Église, quel rôle pour les leaders et quel rôle pour tous les membres? »
  • Êtes-vous d’accord pour dire que certaines Églises surestiment le rôle des leaders et sous-estiment le rôle des membres, et que dans d’autres Églises c’est tout l’inverse?
  • En quoi le verset 12 est-il une véritable clé pour la vie de l’Église et la répartition des rôles et des tâches dans celle-ci? Que nous enseigne surtout ce verset?
  • Concrètement, comment vivre le verset 12 dans l’Église?
  • Avez-vous déjà été « formé/équipé » par un leader chrétien? Qu’est-ce que cela vous a apporté? Racontez.
  • Qu’est-ce qui, dans l’ensemble de notre texte, montre que Paul s’intéresse davantage à la croissance « qualitative » de l’Église qu’à sa croissance numérique?
  • Relisez le verset 14. Quels enseignements trompeurs menacent l’Église d’aujourd’hui?
  • Concrètement, comment pouvons-nous « exprimer la vérité [de l’Évangile] dans l’amour » (verset 15) entre frères et sœurs dans nos communautés locales? Le faisons-nous suffisamment d’après vous?
  • Comment réagissez-vous à la vérité centrale de notre texte? (Rappel: Orientés par nos leaders, impliquons-nous pour que le corps de Christ croisse en unité et en maturité.)
  • Sommes-nous portés à laisser les responsables de notre Église faire « tout le travail »? Comment les appuyer? Comment les aider à nous aider à trouver notre place dans l’Église?

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Version écrite de l’épisode PMM #11 (transcription)

Dans l’Église, quel rôle pour les leaders, quel rôle pour tous les membres? Certaines Églises surestiment le rôle des leaders et sous-estiment le rôle des membres. Dans d’autres Églises, c’est tout l’inverse: on empêche les leaders de jouer leur rôle. Ce texte nous présente la juste perspective.

Nous en sommes au second épisode consacré à Éphésiens 4.7-16, texte que nous avons intitulé « La diversité au service de l’unité et de la maturité ». Je rappelle simplement que nous nous trouvons au début de la partie pratique de la lettre aux Éphésiens, qui décrit la vie de l’Église sur terre. Avec ce sujet, nous avons effectivement les pieds bien sur terre.

Projecteurs sur la diversité

La dernière fois, nous avons surtout parlé de diversité, à partir du verset 7. Diversité à la fois parmi les membres de l’Église, puisque chacun a reçu une part différente dans l’œuvre de Christ (verset 7). Diversité aussi parmi les leaders donnés à l’Église: apôtres, prophètes, prédicateurs de l’Évangile, bergers, enseignants (verset 11). Au début de notre texte, les projecteurs étaient donc braqués sur la diversité.

Au service de l’unité et de la maturité

Mais dans la suite du texte, du verset 12 au verset 16, nous découvrons que cette diversité est au service de l’unité et de la maturité du corps.

D’abord au verset 12, Paul nous dit pourquoi Christ a fait don de ces leaders à l’Église.

Il a fait don de ces hommes pour que les membres du peuple saint soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps de Christ. (Éphésiens 4.12)

L’objectif de Christ est clair: « pour que les membres du peuple saint soient rendus aptes à accomplir leur service ». Autrement dit, le rôle des leaders, ce n’est pas de faire tout le service eux-mêmes. C’est plutôt de rendre les chrétiens aptes au service, c’est-à-dire de les former, de les préparer, de les équiper, puis de les mettre au travail. Pour les leaders, cela implique le fait d’être des modèles que tous les chrétiens peuvent observer et imiter. Cela implique aussi que les leaders passent du temps avec les chrétiens pour leur montrer comment servir dans tel ou tel domaine. Les leaders doivent donc apprendre à déléguer; pourtant, ce n’est pas uniquement une histoire de délégation. Car déléguer sans former, c’est dangereux. On forme, puis quand les personnes sont prêtes, on délègue. Mais attention: tous ne se verront pas confier les mêmes responsabilités. Je rappelle que le verset 7 (au début de notre texte) affirme que « chacun de nous a reçu la grâce de Dieu selon la part que Christ lui donne dans son œuvre ».

Les leaders doivent donc aider tous les membres à répondre à la question: quelle grâce ai-je reçue pour le service? Quelle part Christ me donne-t-il dans son œuvre? Quand les choses deviennent claires (cela se produit souvent sur le terrain, au fil des essais plus ou moins fructueux dans différents domaines de la vie de l’Église), alors la formation peut s’accélérer et s’intensifier.

Quand chacun est ainsi à sa place, c’est tout le corps de Christ qui se construit (d’après la fin du verset 12). Paul combine ici deux métaphores: l’Église en tant que construction et en tant que corps. Son objectif est de mettre l’accent sur la croissance de l’Église. L’Église est le corps de Christ; mais elle est aussi en pleine construction. Chacun se retrousse les manches pour participer à cette construction. Que se produit-il quand le corps de Christ se construit de cette façon? Nous découvrons les résultats dans la suite du passage, les versets 13 à 16: l’unité et la maturité apparaissent de plus en plus et s’entremêlent de façon magnifique.

Le verset 13 présente trois résultats.

Résultat 1

Ainsi nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu […] (Éphésiens 4.13a)

Plus tôt dans ce chapitre, Paul a affirmé que l’unité existe déjà et qu’il nous suffit de la conserver (4.3). Ici, l’angle d’attaque est un peu différent, parce que nous sommes invités à parvenir à l’unité, à l’atteindre, en particulier dans le domaine de notre adhésion commune à l’enseignement chrétien. La « foi », c’est le connu de la foi, ce en quoi nous mettons notre confiance. La « connaissance du Fils de Dieu », c’est ce que nous pouvons connaître de lui. Paul a donc à l’esprit les grandes vérités de l’Évangile et les implications pratiques de l’Évangile. Tout cela nous réunit.

Résultat 2

[…] à l’état d’adultes […] (Éphésiens 4.13b)

Il s’agit ici d’une maturité collective qui sera atteinte, et que Paul mettra en contraste avec les personnes immatures du verset 14.

Résultat 3

[…] à un stade de maturité où se manifeste la plénitude qui nous vient de Christ. (Éphésiens 4.13c)

En 1.23, nous avons vu que c’est dans l’Église que se manifeste la plénitude de Christ (ou de Dieu). Ici (comme d’ailleurs en 3.19), l’expérience collective de la plénitude de Christ est un objectif à viser et à atteindre.

 

Plus concrètement, verset 14:

De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur. (Éphésiens 4.14)

Ainsi, nous choisissons la maturité plutôt que la vulnérabilité face aux enseignements erronés. Des enseignements trompeurs et dangereux, il y en avait à l’époque, et il y en a encore aujourd’hui. Quels sont-ils? Qu’est-ce qui menace l’attachement de l’Église à la vérité? Chaque communauté locale doit répondre à cette question en fonction de son environnement, de sa situation propre.

Verset 15:

Au contraire, en exprimant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête : Christ. (Éphésiens 4.15)

Exprimer la vérité ici, ce n’est pas tout simplement ne pas mentir, ou dire ce qui est vrai. Paul fait référence à la vérité de l’Évangile. En Éphésiens 1.13, il appelle l’Évangile le « message de vérité ».

Nous avons ici une image très concrète et très positive de l’Église locale. Que font les chrétiens entre eux? De quoi parlent-ils? Pas seulement de la pluie et du beau temps, ou de l’actualité. Ils se redisent la Bonne Nouvelle les uns aux autres; voilà leur actualité prioritaire, c’est cette nouvelle-là qui les intéresse le plus! En d’autres mots, dans l’amour, les chrétiens se rappellent les uns aux autres qu’ils sont aimés de Dieu et pardonnés par Jésus-Christ.

Laissé à soi-même, chacun est porté à douter de l’amour de Dieu, à remettre en cause son pardon. Se prêcher l’Évangile à soi, c’est indispensable, mais cela ne suffit pas. Nous avons tous besoin que nos frères et sœurs nous rappellent de différentes manières, avec tact et amour, que Dieu nous aime en Christ. C’est cela qui nous fait grandir « vers celui qui est la tête (la tête ou le chef de l’Église): Christ ». Notre croissance est ainsi orientée vers Christ: nous croissons en lui.

Enfin, nous arrivons au verset 16:

C’est de lui que le corps tout entier tire sa croissance pour s’affermir dans l’amour […] (Éphésiens 4.16a)

Non seulement notre croissance collective se fait vers Christ (fin du verset 15), mais elle se fait aussi à partir de lui. Christ est à la fois la source et la direction de notre croissance. Le corps qui croît s’affermit dans l’amour.

Voilà un bon critère pour évaluer la croissance de notre Église locale. Au-delà des chiffres, des apparences, des programmes, est-ce que notre Église s’affermit dans l’amour? La croissance de l’Église, selon ce texte, est qualitative avant d’être quantitative. Bien sûr, l’une n’empêche pas l’autre, et il serait ridicule de célébrer l’absence de croissance numérique. Mais choisissons bien nos priorités.

Paul poursuit, en parlant du « corps »:

[…] sa cohésion et sa forte unité lui venant de toutes les articulations dont il est pourvu, pour assurer l’activité attribuée à chacune de ses parties. (Éphésiens 4.16b)

Certains commentateurs ont fait la suggestion suivante: les articulations, ce sont les leaders mentionnés au verset 11, qui jouent un rôle particulier dans la croissance. Les articulations du corps guident certains mouvements, elles stabilisent, elles orientent les diverses parties du corps. Fin du verset 16: elles assurent « l’activité attribuée à chacune de ses parties ».

Cette interprétation est tout à fait plausible, et elle a l’avantage de bien résumer l’ensemble du texte, Éphésiens 4.7-16, en insistant à la fois sur le rôle particulier des leaders (qui sont les articulations du corps) et sur la place unique de chacune des parties du corps. Chaque membre a son importance.

Quelle est la vérité centrale de ce texte?
 Orientés par nos leaders, impliquons-nous pour que le corps de Christ croisse en unité et en maturité. Reconnaissons que nos leaders jouent un rôle stratégique et indispensable. Ils nous orientent, nous équipent, nous aident à trouver notre place. Mais ne les laissons pas faire tout le travail. Ce serait d’ailleurs décourageant pour eux. Appuyons-les, soutenons-les, demandons-leur comment nous pouvons nous engager. Ayons l’humilité de les laisser nous former (ou nous orienter vers des formations). Invitons-les à nous faire des propositions de service dans l’Église. Ils sont là pour ça. L’objectif, ce n’est pas premièrement mon épanouissement personnel et ma valorisation; c’est d’abord le bien et la croissance de toute l’Église en unité et en maturité. En général, c’est ce que les leaders ont à cœur. Ils ont une vue d’ensemble que nous n’avons pas toujours. Aidons-les à nous aider à trouver notre place.

Prière

Père céleste, utilise nos responsables pour nous rendre aptes à accomplir notre service dans l’Église. Sensibilise-les à l’importance de nous former et de nous équiper. Donne-nous l’humilité nécessaire pour suivre leurs conseils et pour participer activement au service à leurs côtés. Fais-nous parvenir tous ensemble à l’unité dans la foi, à l’état d’adultes. Garde-nous des enseignements trompeurs. Montre-nous comment nous dire les uns aux autres la vérité de l’Évangile dans l’amour. Fais grandir notre Église, en unité, en maturité, en amour, et aussi en nombre. Pour l’honneur de Christ, la tête de l’Église, amen.

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et de théologie pratique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il s'exprime régulièrement sur son podcast vidéo d'enseignement biblique, Parle-moi maintenant. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

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