Quel type de bénédiction voulons-nous?

Béni soit le Dieu qui nous a bénis - Éphésiens 1.3-14, partie 1 (PMM #2)

Bienvenue dans Parle-moi maintenant, le podcast qui vous fait parcourir le Nouveau Testament un livre à la fois. Dans cet épisode, nous poursuivons notre série sur la lettre de Paul aux Éphésiens.

Dans ce deuxième épisode sur la lettre aux Éphésiens, Dominique Angers aborde les grandes lignes de la bénédiction des versets 3 à 14 du chapitre 1. Il consacrera deux épisodes à ce passage très riche.

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La vérité centrale d’Éphésiens 1.3-14 (partie 1)

Béni soit Dieu pour un salut :

  • pensé par lui
  • par sa grâce
  • pour sa gloire
  • possible en Christ
  • présent et futur!

Questions pour échange en groupe ou réflexion personnelle

  • À quoi pensons-nous généralement quand nous entendons l’expression « les bénédictions de Dieu »?
  • Pourquoi accordons-nous tant d’importance à nos bénédictions matérielles et temporelles?
  • Comment parvenir à penser davantage à nos bénédictions spirituelles?
  • Quand vous bénissez/louez Dieu, pour quoi êtes-vous porté à le remercier?
  • Qu’est-ce qui vous touche le plus en Éphésiens 1.3?
  • Qu’est-ce que le « monde céleste »?
  • Quel est le rôle de chaque personne de la Trinité dans notre salut?
  • Parmi les cinq éléments généraux de la bénédiction (les cinq matériaux de base), lequel vous interpelle le plus et pour quelle raison? Lequel aimeriez-vous étudier/considérer plus en profondeur?
  • En quoi nos bénédictions spirituelles nous sont-elles d’un grand secours quand nous faisons face aux épreuves de la vie?

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Version écrite de l’épisode PMM #2 (transcription)

Quel type de bénédiction voulons-nous? Nous souhaitons tous être bénis de Dieu. Mais quelle est la bénédiction divine la plus importante à nos yeux? La bénédiction matérielle? La santé? Des circonstances de vie qui nous sont favorables? Une relation humaine qui nous est chère? Toutes ces choses sont bonnes. Mais il existe une bénédiction encore meilleure.

Béni soit le Dieu qui nous a bénis: voilà le cœur du message d’Éphésiens 1.3-14, texte auquel nous allons consacrer deux épisodes.

Après la salutation des deux premiers versets, nous arrivons au corps de la lettre, qui est divisé en deux grandes parties. Grosso modo: une première partie dans les trois premiers chapitres, et une seconde partie dans les chapitres 4 à 6. La première grande partie nous décrit l’Église dans le monde céleste. Avec la seconde partie, nous reviendrons sur terre puisqu’il sera justement question de la vie de l’Église sur terre. Dans la première moitié de la lettre, Paul veut nous montrer l’Église comme nous ne l’a jamais vue auparavant. Il veut nous montrer l’Église telle que Dieu la voit. Cette Église, elle est d’une beauté éclatante.

Premier passage, donc, de cette première grande partie: c’est une bénédiction. Dieu est béni (c’est-à-dire adoré, nous pourrions dire « loué soit Dieu! »). Et si nous avons envie de bénir Dieu, c’est parce que lui nous a bénis. Dans ce premier épisode consacré à ce texte, nous nous intéressons à la bénédiction dans les grandes lignes. La prochaine fois, nous la parcourrons en détail.

Ce qu’il faut dire d’emblée, c’est que le verset 3 résume tout notre passage. C’est un verset extraordinaire.

3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, car il nous a comblés de toute bénédiction de l’Esprit dans le monde céleste en raison de notre union avec Christ.

Dieu nous a comblés de toute bénédiction. La suite du texte (les versets 4 à 14) énumère cinq de ces bénédictions (que nous parcourrons la prochaine fois).

Mais méditons ce verset 3 ligne par ligne.

« Béni soit Dieu »

L’intention de Paul, c’est donc d’adorer Dieu, de le remercier. Mais pourquoi bénir Dieu ainsi? Pour quelle raison Paul a-t-il envie d’adorer Dieu?

« car il nous a comblés de toute bénédiction »

Paul bénit Dieu parce que Dieu nous a bénis. Bien entendu, le verbe « bénir » n’a pas tout à fait le même sens selon qu’il est appliqué à Dieu ou à nous (et Paul joue sur ce double sens). Quand Dieu est béni, il est adoré. Quand nous sommes bénis, nous sommes comblés, Dieu répond à nos besoins les plus profonds.

La suite du verset 3 nous indique de quel type de bénédiction nous avons été comblés. D’abord, Dieu nous a comblés de « toute bénédiction »: c’est une manière de faire référence à l’ensemble de notre salut. Toute bénédiction, c’est tout notre salut. Ensuite, Dieu nous a comblés de toute bénédiction « de l’Esprit »: c’est l’Esprit qui nous a transmis nos bénédictions.

Ces bénédictions de l’Esprit, elles ne se trouvent pas sur terre, mais elles se situent dans le monde céleste. Le « monde céleste », c’est la dimension invisible de la réalité. Dieu et notre Seigneur Jésus-Christ habitent et règnent dans le monde céleste. Certaines traductions parlent des « lieux célestes ». Paul décrit parfois le monde visible, la réalité terrestre, et il décrit parfois le monde invisible, la réalité céleste. Ce sont deux dimensions complémentaires de la réalité. D’une certaine manière, comme nous le verrons dans la suite de la lettre aux Éphésiens, l’Église, tout en ayant les pieds bien sur terre, participe aussi à ce monde céleste.

Enfin, nous sommes bénis non pas parce que nous le méritons, mais plutôt « en raison de notre union avec Christ ». C’est Christ qui nous a procuré nos bénédictions les plus précieuses, nous lui devons tout, c’est en fonction de notre attachement à Christ, de notre union vitale avec lui, que nous sommes bénis.

Remarquez que les 3 personnes de la Trinité sont à pied d’œuvre pour nous bénir: Dieu le Père, notre Seigneur Jésus-Christ (mentionné au début et à la fin du verset) et l’Esprit. Nous pourrions dire, pour schématiser, que le Père est le concepteur de notre salut, que le Fils exécute le plan de salut et que l’Esprit nous applique les effets bienfaisants du salut.

Avant de parcourir dans l’ordre nos cinq bénédictions (ce sera pour le prochain épisode), voici quelques éléments généraux qui caractérisent toutes nos bénédictions. Ces éléments, nous les retrouvons à plusieurs endroits de notre texte.

Je vais utiliser une image: si le salut de Dieu est une grande maison, chaque pièce de cette maison est une bénédiction de l’Esprit (nous parcourrons les différentes pièces la prochaine fois), et toutes les pièces ont été construites avec les mêmes matériaux de base, qui sont ces cinq éléments généraux.

Quels sont ces matériaux?

I. Dieu a pris l’initiative.

Premièrement, nous voyons que c’est Dieu qui a pris l’initiative de notre salut. C’est lui et lui seul qui est à l’origine de notre salut. Ce beau refrain, Paul ne peut s’empêcher de le répéter à maintes reprises et de différentes manières.

Je lis quelques extraits, quelques expressions tirées de notre texte:

4 En lui, bien avant de poser les fondations du monde, il nous avait choisis pour que nous soyons saints et sans reproche devant lui.

 

Puisqu’il nous a aimés, 5 il nous a destinés d’avance à être ses enfants qu’il voulait adopter par Jésus-Christ. Voilà ce que, dans sa bonté, il a voulu pour nous

 

9 […] Ce plan, il l’a fixé d’avance, dans sa bonté, en Christ, […]

 

11 Et c’est aussi en Christ qu’il nous a accordé notre part d’héritage conformément à ce qu’avait fixé celui qui met en œuvre toutes choses, selon l’intention qui inspire sa décision. Ainsi, nous avons été destinés d’avance […]

II. Dieu a agi par pure grâce.

C’est ce que nous voyons dans ces extraits:

6 […] afin que nous célébrions la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son Fils bien-aimé.

 

7 […] Dieu a ainsi manifesté sa grâce dans toute sa richesse, 8 et il l’a répandue sur nous avec surabondance […]

III. Dieu a agi pour sa propre gloire.

Cela apparaît clairement dans ces trois versets:

6 […] afin que nous célébrions la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son Fils bien-aimé.

 

Ainsi, nous avons été destinés d’avance 12 à célébrer sa gloire nous qui, les tout premiers, avons placé notre espérance dans le Messie.

 

14 […] Ainsi tout aboutit à célébrer sa gloire.

IV. Dieu a agi par l’intermédiaire de Christ.

Mettons en italiques les expressions qui indiquent cette réalité dans l’ensemble du texte:

3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, car il nous a comblés de toute bénédiction de l’Esprit dans le monde céleste en raison de notre union avec Christ.

 

4 En lui, bien avant de poser les fondations du monde, il nous avait choisis pour que nous soyons saints et sans reproche devant lui. Puisqu’il nous a aimés, 5 il nous a destinés d’avance à être ses enfants qu’il voulait adopter par Jésus-Christ. Voilà ce que, dans sa bonté, il a voulu pour nous 6 afin que nous célébrions la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son Fils bien-aimé. 7 En Christ, parce qu’il s’est offert en sacrifice, nous avons obtenu la délivrance, le pardon de nos fautes. Dieu a ainsi manifesté sa grâce dans toute sa richesse, 8 et il l’a répandue sur nous avec surabondance, en nous donnant pleine sagesse et pleine intelligence, 9 nous ayant fait connaître le secret de son plan. Ce plan, il l’a fixé d’avance, dans sa bonté, en Christ, 10 pour conduire les temps vers l’accomplissement. Selon ce plan, tout ce qui est au ciel et tout ce qui est sur la terre doit être harmonieusement réuni en Christ.

 

11 Et c’est aussi en Christ qu’il nous a accordé notre part d’héritage conformément à ce qu’avait fixé celui qui met en œuvre toutes choses, selon l’intention qui inspire sa décision. Ainsi, nous avons été destinés d’avance 12 à célébrer sa gloire nous qui, les tout premiers, avons placé notre espérance dans le Messie. 13 Et en Christ, vous aussi, vous avez entendu le message de vérité, cet Evangile qui vous apportait le salut ; oui, c’est aussi en Christ que vous qui avez cru, vous avez obtenu de Dieu l’Esprit Saint qu’il avait promis et par lequel il vous a marqués de son sceau en signe que vous lui appartenez. 14 Cet Esprit constitue l’acompte de notre héritage en attendant la délivrance du peuple que Dieu s’est acquis. Ainsi tout aboutit à célébrer sa gloire.

V. Ce que Dieu a déjà fait anticipe ce qu’il fera encore.

[…] « il nous a comblés » (v. 3): c’est déjà fait. Mais en même temps, Paul nous parle à plusieurs reprises de ce qui nous attend:

  • Un jour, nous serons parfaitement « saints et sans reproche devant lui » (verset 4).
  • Un jour, les temps seront conduits « vers l’accomplissement ». Ce jour-là, « tout ce qui est au ciel et tout ce qui est sur la terre [sera] harmonieusement réuni en Christ » (verset 10).

Notre salut comporte donc à la fois une dimension présente et une dimension future. Nous pouvons dire que nous sommes « déjà » sauvés, mais que nous ne le sommes « pas encore » complètement. C’est la tension entre le « déjà » et le « pas encore » du salut.

Un bon exemple de cette tension dans notre texte, c’est la délivrance. Nous verrons la prochaine fois ce qu’est cette délivrance, puisque c’est l’une de nos cinq bénédictions. Mais ce que nous pouvons dire, c’est que, d’une part, nous sommes déjà délivrés : « nous avons obtenu la délivrance » (verset 7). Mais d’autre part, nous ne le sommes pas encore complètement: nous attendons « la délivrance du peuple que Dieu s’est acquis » (verset 14).

Résumons ce que nous avons vu dans cet épisode [vérité centrale]. Béni soit Dieu pour un salut :

  • pensé par lui
  • par sa grâce
  • pour sa gloire
  • possible en Christ
  • présent et futur!

Quel type de bénédiction voulons-nous? Dans ce texte, Dieu nous propose des bénédictions spirituelles, les bénédictions de l’Esprit. Ne nous trompons pas de bénédictions en étant obsédés par notre confort matériel et par d’autres avantages passagers. Et si nous avons parfois l’impression de ne pas être bénis, c’est peut-être parce que nous ne cherchons pas la bénédiction au bon endroit, c’est-à-dire dans le monde céleste.

Père céleste, béni sois-tu! Combien j’ai envie de te louer et de t’adorer. Merci d’avoir imaginé et conçu un salut qui dépasse l’intelligence humaine. Merci de m’avoir accordé ce que je ne méritais pas (c’est la grâce). Merci d’avoir agi pour ta gloire: je veux vivre pour célébrer ta grandeur. Merci pour l’exécution parfaite de ton plan de sauvetage par Jésus-Christ, qui a fait tout le nécessaire pour me délivrer. Enfin, merci pour mon espérance: ce que je vis n’est que le début, et le meilleur est à venir. En Jésus-Christ, amen.  

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et d’homilétique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il est l’auteur de La méditation biblique à l’ère numérique, Farel/GBU, 2012. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

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