Quels bienfaits Dieu souhaite-t-il répandre sur les personnes qui aiment Jésus (Éphésiens 6.21-24)?

Abondance de cadeaux divins - Éphésiens 6.21-24 (PMM #20)

Bienvenue dans Parle-moi maintenant, le podcast qui vous fait parcourir le Nouveau Testament un livre à la fois. Dans cet épisode, nous poursuivons notre série sur la lettre de Paul aux Éphésiens.

Dans ce vingtième et dernier épisode sur la lettre aux Éphésiens, Dominique Angers parle, d’une part du rôle de Tychique en tant que porteur de la lettre, et d’autre part des quatre cadeaux divins que Paul souhaite, en guise de bénédiction finale, à tous les chrétiens.

Retrouvez ICI les autres épisodes du podcast.

La vérité centrale d’Éphésiens 6.21-24

Paix, amour, foi et grâce: quatre cadeaux divins pour celles et ceux qui aiment le Seigneur Jésus.

Questions pour échange en groupe ou réflexion personnelle

  • Quels sont les rapports entre la salutation finale de la lettre aux Éphésiens (6.21-24) et sa salutation initiale (Éphésiens 1.1-2)?
  • Que nous apprennnent les versets 21-22 sur Tychique?
  • De quelle manière Tychique peut-il encourager les Éphésiens (Éphésiens 6.22)?
  • Expliquez, autant que possible en vous appuyant sur Éphésiens, en quoi consiste chacun des bienfaits que Paul souhaite aux chrétiens: la paix, l’amour, la foi et la grâce (Éphésiens 6.23-24). Faites une distinction entre ce qui a déjà été reçu et ce que les chrétiens peuvent s’attendre à recevoir encore.
  • En quoi chacun de ces bienfaits est-il rattaché à la personne de Christ?
  • Lequel des quatre bienfaits mentionnés avez-vous le plus envie de recevoir et de demander à Dieu dans les prochains temps? Racontez.
  • Comment les chrétiens sont-ils décrits en Éphésiens 6.24? Est-ce qu’une telle description vous interpelle? Si oui, pourquoi?

À propos de Parle-moi maintenant (PMM)

Retrouvez tous les épisodes de PMM sur:

Comment s’abonner au blog de Dominique (PMM + autres billets)?

En vous abonnant au blog de Dominique, vous recevrez par courriel tous les épisodes de Parle-moi maintenant et tous les billets que signe Dominique sur une base régulière.

Comment faire? C’est tout simple : rendez-vous ici, puis entrez les informations demandées sur la droite de la page.

Version écrite de l’épisode PMM #20 (transcription)

Quels bienfaits Dieu souhaite-t-il répandre sur les personnes qui aiment Jésus? Nous sommes parvenus à la salutation finale de l’épître aux Éphésiens, dans les quatre derniers versets de la lettre (Éphésiens 6.21-24).

Cette salutation finale répond en quelque sorte à la salutation initiale, qui ouvrait la lettre. Après trois chapitres sur l’Église dans le monde céleste, suivis de trois chapitres sur la vie de l’Église sur terre, voyons comment Paul choisit de terminer sa lettre. Jusqu’au dernier mot, il ne laisse rien au hasard.

Il y a deux sections dans cette finale.

Recommandation de Tychique (versets 21-22)

D’abord, la recommandation de Tychique, aux versets 21 et 22:

21 Pour que vous connaissiez vous aussi ma situation et que vous sachiez ce que je fais, Tychique, notre cher frère, qui est un serviteur fidèle dans la communion avec Christ, vous mettra au courant de tout ce qui me concerne. 22 Je l’envoie exprès chez vous pour qu’il vous donne de mes nouvelles et vous encourage ainsi.

Quelques mots sur Tychique. Qui est ce chic type? Paul l’appelle « notre cher frère », c’est donc un proche de l’apôtre. Il est aussi son collaborateur: Paul le qualifie de « serviteur fidèle dans la communion avec Christ », ou, pour rester plus près du texte grec, de « serviteur fidèle dans le Seigneur », c’est-à-dire dans le Seigneur Jésus-Christ.

Quelle est la nature du service fidèle de Tychique? Nous ne disposons pas de beaucoup d’informations, mais d’après Actes 20.4, il a accompagné Paul au cours d’un de ses voyages. De plus, Tychique est probablement le porteur de la lettre, celui qui la transmettra aux destinataires de Paul – les chrétiens d’Éphèse et, plus largement, d’Asie Mineure.

À une époque où l’on ne pouvait pas envoyer une lettre par les services de la poste, il était indispensable (et parfois difficile) de trouver un messager fiable. Au Iersiècle av. J.-C., Cicéron avait écrit à son ami Atticus qu’il n’avait pas osé lui écrire plus tôt, par manque de confiance dans les messagers:

J’hésite donc à écrire avec quelque liberté, quand il faut remettre mes lettres à des Achéens ou à des Épirotes. – Il s’est passé, depuis votre départ, des événements qui méritent de vous être rapportés. Mais je ne veux pas exposer ma correspondance au triple péril d’être perdue, indiscrètement ouverte ou interceptée. [1]

À ce titre, Tychique, de son côté, a toute la confiance de Paul.

Comme c’était souvent le cas dans l’Antiquité, le porteur d’une lettre était aussi le porteur de nouvelles, notamment au sujet de l’auteur de la lettre. Paul insiste à plusieurs reprises, dans les versets 21 et 22, sur cet aspect de la mission de Tychique.

Si Paul a tant à cœur que Tychique donne de ses nouvelles aux Éphésiens, ce n’est pas par pur narcissisme. Il tient à encourager ses lecteurs (d’après la fin du verset 22). Paul vient d’affirmer, à la fin du texte précédent, qu’il est un ambassadeur enchaîné (en Éphésiens 6.20). Or il avait laissé entendre, au chapitre 3, que son emprisonnement était un sujet de découragement pour les Éphésiens. En Éphésiens 3.13, Paul écrit: « Aussi je vous demande de ne pas perdre courage en pensant aux détresses que je connais dans mon service pour vous: elles contribuent à la gloire qui vous est destinée. » Les Éphésiens – du moins certains d’entre eux – sont donc ébranlés par la sévérité des souffrances de Paul pour l’Évangile. Il est effectivement troublant qu’un message aussi bienfaisant que l’Évangile suscite tant d’opposition à ses représentants.

Dans ce contexte éprouvant, Paul veut absolument que Tychique rassure et encourage les Éphésiens en donnant des nouvelles plus précises à son sujet et en expliquant avec plus de détails ce qu’il a l’occasion d’accomplir malgré ce qui lui arrive – et peut-être même grâce à ce qui lui arrive.

En effet, il n’est pas impensable que Paul demande à Tychique d’expliquer aux Éphésiens, au moment où il leur remettra la lettre, que toutes les épreuves qu’il traverse contribuent en réalité au progrès de l’Évangile. On ne peut pas en être certain, mais c’est en tout cas l’argumentaire que Paul développe en Philippiens 1.12-26, dans d’autres circonstances.

Voilà ce que l’on peut dire de la recommandation de Tychique. Fait à noter, on trouve une recommandation à peu près équivalente du même Tychique en Colossiens 4.7-8, ce qui suggère à certains spécialistes que Paul aurait écrit Colossiens et Éphésiens à la même période, et que Tychique aurait été le porteur des deux lettres, aussi bien que de la lettre à Philémon. Ce serait l’une des raisons pour lesquelles Paul écrit, au début de notre texte, « Pour que vous connaissiez vous aussi ma situation »: d’autres Églises sont également informées de la situation de Paul par le moyen d’autres lettres distribuées par le même porteur.

Bénédiction finale (versets 23 et 24)

Maintenant, la bénédiction finale, aux versets 23 et 24. Paul souhaite à tous les chrétiens une abondance de cadeaux divins. Commençons par le verset 23:

23 Que Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ accordent à tous les frères et sœurs la paix et l’amour, avec la foi.

Notons que cette bénédiction concerne tous les chrétiens, pas seulement les destinataires immédiats de la lettre: « à tous les frères et sœurs ».

Ces trois premiers cadeaux divins (ceux qui sont énumérés au verset 23) proviennent de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ, qui agissent ensemble, comme c’est le cas à beaucoup d’endroits dans cette épître (dès le deuxième verset de la lettre).

Que souhaite Paul à tous les chrétiens? D’abord la paix. C’est un souhait qu’il formule souvent à la fin de ses lettres, mais ici, il s’agit d’un thème richement développé dans les chapitres précédents (notamment en Éphésiens 2.11-22). Bien que les chrétiens aient déjà goûté à la paix de Dieu, Paul leur souhaite une abondance de paix. Qu’ils puissent expérimenter toute la réalité de leur paix avec Dieu, de leur réconciliation avec lui, et aussi celle de leur paix vis-à-vis des autres chrétiens.

Deuxième cadeau: l’amour. On peut imaginer que Paul pense surtout à l’amour manifesté par Dieu. Les chrétiens ont goûté à son amour, mais ils en veulent davantage. Un débordement d’amour autour de l’œuvre de Jésus-Christ et des effets multiples de cette œuvre dans leur vie! Cela dit, Paul souhaite sans doute également aux chrétiens de recevoir de la part de Dieu et de Christ une dose supplémentaire d’amour fraternel. Leur amour pour les autres chrétiens, ils ne peuvent pas le produire eux-mêmes. Ils doivent le recevoir de la part de Dieu et de Christ.

Cet amour est accompagné, troisièmement, de foi. Il a beaucoup été question de foi dans la lettre aux Éphésiens. Repensons au contenu d’Éphésiens 2.8: « Car c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. » La foi, la confiance en Dieu et en Christ, voilà le moyen par lequel on s’approprie le salut et les bénédictions divines. Mais même cette réponse pleine de foi au salut que Dieu propose, on ne peut pas la fabriquer par ses propres moyens. Même la foi est un cadeau de Dieu. La foi initiale, le tout premier accueil de la Bonne Nouvelle, et aussi la foi permettant de continuer de compter sur les promesses de Dieu.

Lorsque nous sentons notre foi faiblir, rappelons-nous que Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ veulent nous accorder la paix et l’amour, avec la foi. Une abondance de foi que nous n’avons pas quand nous sommes laissés à nous-mêmes.

Quatrième cadeau divin, la grâce:

 24 Que Dieu donne sa grâce à tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ d’un amour inaltérable.

À la fin de chacune de ses lettres, Paul souhaite la grâce à ses lecteurs. Pourtant ici, ce souhait a un poids particulier, car le thème de la grâce est au centre de la lettre aux Éphésiens. Nous venons de relire Éphésiens 2.8: « Car c’est par grâce que vous êtes sauvés […] ». La grâce est une faveur imméritée de Dieu. Il ne suffit pas de la recevoir une seule fois. Le chrétien vit par la grâce. Chaque matin, j’ai besoin d’un nouvel approvisionnement en grâce. Tout au long de la journée, je me nourris de cette grâce. Je dépends de la faveur de Dieu, de sa bonté, bien que je ne mérite aucun bienfait de sa part.

Ces quatre cadeaux résument bien la lettre aux Éphésiens: paix, amour, foi, grâce.

N’oublions pas qu’ils sont tous rattachés à la personne et à l’œuvre de Jésus-Christ. C’est la raison pour laquelle Paul termine sa lettre en orientant de nouveau les regards de ses lecteurs vers Jésus. Il le fait au moyen d’une expression inhabituelle qui désigne les chrétiens. Au verset 23, il parle des chrétiens comme des frères et sœurs. Mais au verset 24, les chrétiens, ce sont « tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ d’un amour inaltérable ». Cette formule capture d’ailleurs la seule réponse appropriée à l’abondance de paix, d’amour, de foi et de grâce reçus. En retour, nous aimons le Seigneur Jésus-Christ, parce que nous lui devons tout ce qui nous est le plus cher.

Si les chrétiens sont des personnes aimées de Christ (les lecteurs de la lettre aux Éphésiens le savent bien), n’oublions pas qu’ils sont également des personnes qui aiment Christ passionnément. Leur amour est d’ailleurs qualifié à la toute fin du verset 24: « d’un amour inaltérable ». Cette formulation représente première façon de traduire l’expression en grec, c’est-à-dire avec une nuance temporelle: nous aimons le Seigneur Jésus-Christ, et nous l’aimerons à jamais. D’autres comprennent l’expression grecque plutôt rare avec une nuance d’ordre moral: « d’un amour que rien ne peut corrompre ». Peu importe la traduction retenue, les deux conviennent au propos de Paul, et les deux découlent de l’abondance des cadeaux divins. Les chrétiens aiment le Seigneur Jésus d’un amour inaltérable, et ils l’aiment d’un amour que rien ne peut corrompre.

Sommes-nous capables d’un tel amour par nos propres forces? Certes non! Pourtant, étant donné que notre amour pour Christ est une réponse à son amour pour nous et à l’abondance de cadeaux divins qui sont nôtres tous les jours, nous pouvons croire que Dieu lui-même soutient et soutiendra à jamais notre amour pour Christ.

Quelle est la vérité centrale de ce dernier texte de la lettre aux Éphésiens? Paix, amour, foi et grâce: quatre cadeaux divins pour celles et ceux qui aiment le Seigneur Jésus.

Cette vérité provient surtout de la deuxième partie de notre texte, les versets 23 et 24. Mais le lien avec les versets 21 et 22 est intéressant: Paul veut que Tychique donne de ses nouvelles et qu’il explique ce que fait l’apôtre. Or, qu’est-ce que Paul est en train de faire sur le terrain sinon d’aimer le Seigneur Jésus d’un amour inaltérable, d’un amour que rien ne peut corrompre?

Subtilement, Paul rappelle à ses lecteurs que lorsqu’on aime Jésus d’un tel amour, on doit parfois payer un prix fort. Par son exemple de souffrance pour la cause de l’Évangile, Paul veut encourager les Éphésiens à retrousser leurs manches et à tout donner, à leur tour, pour la cause de Christ. Après tout, qu’est-ce qu’un chrétien, sinon une personne qui aime Jésus d’un amour inaltérable!

Le défi est de taille, mais les ressources mises à notre disposition ne manqueront pas. Chaque matin, le Père et le Fils déversent sur nous, dans la mesure où nous les laissons le faire, une abondance de paix, d’amour, de foi et de grâce.

Prière

Notre Dieu, notre Père, accorde-nous une abondance de paix, nous t’en supplions. Puissions-nous vivre dans l’harmonie, profitant pleinement de notre réconciliation avec toi et avec l’ensemble de ta famille. Seigneur Jésus, accorde-nous toujours plus d’amour, à la fois d’amour divin et d’amour à donner à nos frères et sœurs. Avec cet amour, donne-nous aussi une foi croissante. Père, nous voulons vivre de ta grâce. Renouvelle chaque jour cette grâce souveraine dans notre vie. Fais de nous des bénéficiaires dignes de tes cadeaux divins. Que les gens autour de nous soient amenés à conclure, en nous voyant vivre, que nous aimons Jésus d’un amour inaltérable. En lui et pour lui, amen.

NOTE

[1] Cicéron, Lettres à Atticus, I.13 (http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/atticus1.htm).

Abonne-toi à ma newsletter et reçois en cadeau mon ebook pour te guider dans l'étude du livre "À l'école de la grâce" de Jerry Bridges.

Votre adresse de messagerie est uniquement utilisée pour vous envoyer notre lettre d'information ainsi que des informations concernant les activités de toutpoursagloire.com. Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la newsletter. Powered by ConvertKit

Dominique Angers

Dominique Angers est professeur de Nouveau Testament et de théologie pratique à la Faculté de Théologie Évangélique à Montréal (Université Acadia). Docteur en théologie de l’Université de Strasbourg, il s'exprime régulièrement sur son podcast vidéo d'enseignement biblique, Parle-moi maintenant. Retrouvez ici quelques éléments de son parcours et la liste de ses publications.

Articles pouvant vous intéresser

Si nos ressources sont toutes gratuites, c'est grâce à vous !
JE FAIS UN DON
close-image
Les cookies assurent le bon fonctionement de notre site internet. En utilisant ce dernier, vous acceptez l'utilisation des coockies. Lisez notre politique de confidentialité pour en savoir plus.
close-image